Dans la langue arawak, issue des cultures des Amérindiens kalinagos qui peuplèrent les Antilles depuis le continent sud-américain à la fin du premier millénaire de notre ère, l’île s’appelait « Ayiti ». Voici 220 ans, le 1er janvier 1804, c’est le nom que choisirent les esclaves de ce qui s’appelait alors la colonie de Saint-Domingue : Hayti, puis Haïti. La première République noire venait de naître. Mais, pour parvenir à une telle irruption de l’histoire, que de luttes, que de feu et de sang, que de massacres, que de trahisons, de retournements d’alliances et de situations.
« C’est de toute l’histoire la seule révolte d’esclaves qui ait réussi. Les obstacles qu’elle dut franchir témoignent de l’importance des intérêts qui étaient en jeu. La transformation des esclaves, qui auparavant tremblaient par centaines devant un seul Blanc, en un peuple capable de s’organiser et de défaire les nations européennes les plus puissantes de l’époque, constitue l’une des grandes épopées de la lutte et des avancées révolutionnaires », écrira C. L. R. James dans la préface de son fameux ouvrage les Jacobins noirs, paru en 1938, dans lequel il analyse l’importance de la lutte des classes dans la révolution haïtienne. Un titre qui symbolise d’ailleurs le lien inextricable entre les deux révolutions, jusqu’à la figure de Toussaint Louverture, qui fait alors écrire à C. L. R. James : « Ce n’est pas Toussaint qui fit la révolution, c’est la révolution qui fit Toussaint. »
Un « fantôme de liberté » hante la « perle des Antilles »
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