Ce groupe de Monaco s’est fait un nom sur la scène métal jusqu’à faire l’ouverture du plus grand festival d’Europe, le Hellfest

Ils ne font rien comme les autres. Déjà parce qu’ils font du métal et qu’ils sont, pour la plupart, Monégasques, résidents ou travailleurs à Monaco. Mais aussi parce qu’au sein même du genre, ils ne veulent rien faire comme les autres. L’originalité, c’est ce qu’ils veulent mettre en avant.

HAH est un groupe de métal de Monaco formé en 2009. À l’origine de cette idée, on retrouve Sacha Vanony et Martyn Clément, premier guitariste du groupe qui, lui, vit à Valence.

« On essaie de créer des accidents »

« En 2009 on a créé le groupe avec Martyn Clément sur une idée commune : celle de mélanger le métal et la musique contemporaine, retrace Sacha. 

« Martyn est assez influencé par le métal et moi je viens plutôt de la musique contemporaine mais pas que. J’ai fait le conservatoire, j’ai fait des instruments et de la composition contemporaine. On a essayé de coller les deux. On s’est rencontrés sur Internet pour un autre groupe qui s’appelle Joe La Mouk. On faisait un concours de reprise et Martyn y participait. Quand j’ai entendu sa guitare j’ai halluciné. [rires] Je me suis dit ‘‘il faut absolument que je travaille avec lui’’. Il avait un groupe et cherchait un chanteur. Je n’ai pas été pris mais on s’est dit qu’il fallait qu’on travaille ensemble. De là est née une relation à distance parce qu’on travaille chacun chez soi, même s’il vient beaucoup à Monaco pour travailler au studio. »

Sacha, ingénieur du son et professeur de musique assistée par ordinateur à l’Académie Rainier-III, travaille de Phebe’s, un studio associatif aux portes de Beausoleil. Il y retrouve régulièrement Martyn qui fait le trajet de Valence pour créer avec son acolyte. À quoi ressemble leur son?

« On a une trame centrale qui est métal avec une guitare omniprésente. Mais on ne peut pas ramener notre musique à cela parce qu’on va partir sur des genres différents qui surprennent. On veut être les plus originaux possible. On évite les choses classiques de la musique populaire comme les quatre temps. On essaie de créer des accidents, des surprises, mais surtout on veut faire en sorte que ce soit naturel. On fait beaucoup de références à des genres comme un synthé précis qui va rappeler le générique de telle chose etc. »

Du studio au live

Les deux fondateurs du groupe travaillent uniquement en binôme au studio avant de transposer leur musique au « live ». Ils sont aidés par d’autres membres qui les ont rejoints dans l’aventure depuis 2018: Ben Jouot-Lajoux à la basse, Micha Vanony au clavier, Antoine Valet, deuxième guitariste et Roman Contenti à la batterie.

« On est venus se greffer petit à petit », raconte Ben, ami de longue date de Sacha. « Là je trouve qu’on est enfin arrivés à quelque chose dont je suis vraiment content en live », reprend le leader du groupe.

Car l’une des plus grosses difficultés auxquelles ils doivent faire face est cette « transformation » de la musique studio au live. « On a une musique qui est très technique, compliquée. Il faut être un bon musicien, d’un niveau technique assez élevé. Il faut savoir qu’avec HAH on compose plein de choses, donc pour le live c’est un peu compliqué. On enregistre bout par bout et ensuite on fait notre micmac en collant. Quand s’est posée la question du live on a commencé à jouer tous les deux avec des sons enregistrés. »

La marge d’erreur est fine et le moindre faux pas peut être fatal. « Pour le live on a un ordinateur qui déclenche les effets de guitare et de ma voix qui est transformée », poursuit Sacha. Tout est programmé à la seconde près.

« C’est une musique contemporaine qui est d’une précision infernale avec des rythmiques différentes, explique Micha, frère aîné de Sacha, professeur à l’école supérieure d’arts plastiques au pavillon Bosio. C’est une musique écrite et notre volonté est que ce soit parfaitement joué. C’est une friction entre une musique savante et populaire qui est difficile à penser et à jouer. »

En ouverture du Hellfest

Mais cela ne les a pas arrêtés. S’ils n’ont fait qu’un seul véritable concert en Principauté – en 2009 dans la cour du studio Phebe’s dans lequel ils enregistrent – le groupe monégasque se produit parfois dans la région, notamment à Nice à l’Altherax. Même si les lieux de concert se font rares… « Le Sud-Est est compliqué pour faire de la musique alternative. Et puis c’est surtout qu’une fois qu’on a joué à l’Altherax, on a fait le tour. »

HAH doit donc vadrouiller en France. L’an passé, leur tournée les a emmenés au Hellfest, l’un des plus gros festivals de métal au monde qui se tient à Clisson (près de Nantes) chaque année en juin. Un rêve pour tout groupe de métal.

« Je connaissais le programmateur parce que j’y avais déjà joué avec un autre groupe, raconte Sacha. Il ne connaissait pas HAH et nous a proposé de jouer là-haut. »

La proposition s’est vite transformée en véritable cadeau puisque le groupe a joué devant plusieurs milliers de personnes en ouverture du festival sur l’une des six scènes qu’il compte.

« C’était en ouverture mais surtout après deux années d’annulation à cause du Covid. Les mecs étaient chauds », se souvient Ben. « Le Hellfest, c’est un public cultivé, curieux, connaisseur, qui en veut. Le meilleur que j’ai jamais vu. On a souvent cette image sataniste mais l’ambiance est vraiment positive, très cool », poursuit Micha.

L’histoire aurait pu être encore plus belle. Alors qu’un groupe a dû annuler son concert, le programmateur a proposé aux Monégasques de les remplacer… sur la scène principale face à 30.000 spectateurs!

Seul problème, Martyn étant déjà rentré dans le Sud et injoignable, le groupe a dû refuser la proposition en or. « On peut dire qu’on a refusé la Mainstage du Hellfest », plaisante Sacha.

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