Amélie Oudéa-Castéra était de passage ce dimanche 26 novembre à Tignes (Savoie) dans le cadre des Étoiles du Sport, programme de parrainage créé en 2002 afin de rassembler les champions d’hier, d’aujourd’hui et de demain. La ministre des Sports et des Jeux olympiques a réagi aux propos de Florent Manaudou, qui avait affirmé sur l’émission de France 2 « Quelle époque ! » que la France « n’est pas du tout un pays de sport ». Elle a surtout condamné ceux de la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui a affirmé que la capitale ne serait pas prête pour assumer le flux de visiteurs supplémentaires dans les transports.
Vous êtes ici à Tignes à l’occasion des Étoiles du Sport. Qu’est-ce que cela signifie pour vous d’être avec tous ces champions et champions en devenir à 243 jours des Jeux olympiques de Paris ?
Je suis super contente d’être là et de faire honneur à cet événement dont c’est la 22e édition. Je n’avais pas pu venir l’an dernier à cause d’un échec d’agenda, cette année, on a réussi. C’est formidable de passer cette soirée avec ces champions de toutes les générations. Certains ont déjà leur ticket pour les Jeux olympiques, d’autres sont encore à sa conquête. Pour moi, échanger avec eux, sentir leurs doutes, leurs questionnements, ça correspond à la marque de l’événement, de libérer ces espaces de conversation et de respiration afin de permettre aux athlètes de se parler entre eux, de créer des liens qui sont hyper précieux. Ce sont des moments où ils ont besoin de nous aussi. Ces moments de complicité que je peux avoir avec eux sont précieux pour moi et j’espère que ça les aide aussi un petit peu.
« Un nombre d’athlètes exceptionnels que le monde entier nous envie »
Vous avez lancé il y a quelques jours l’opération Grande Cause Nationale 2024 adossée aux Jeux olympiques et paralympiques. Pourquoi ?
Le président de la République a décidé qu’en 2024, pour la première fois en 46 ans de Grande Cause, celle-ci serait dédiée à la promotion de l’activité physique et sportive. On le fait car 2024 sera une année historique et une occasion unique de mettre le sport et ses bienfaits au cœur de la société. On sait aussi qu’on a un défi et une urgence sanitaire majeure : mieux lutter contre la sédentarité. On sait que nos jeunes sont de plus en plus addicts aux écrans et y passent plus de six heures par jour. On a un enjeu majeur d’adopter des modes de vie plus actifs et d’arriver le plus souvent possible à inscrire 30 minutes d’activité physique dans notre quotidien. Ça va être l’une des grandes vertus de cette Grande Cause Nationale : donner de l’imagination aux Français et d’arriver à mettre le sport au cœur de notre société. On a besoin d’avoir cette prise de conscience pour que ces 30 minutes d’activité physique deviennent un peu comme les cinq fruits et légumes par jour, une sorte de point de repère même si on n’y arrive pas tous les jours.
Cela sera-t-il suffisant pour faire de la France un pays de sport ? Que répondez-vous aux propos de Florent Manaudou qui a affirmé que la France n’était pas un pays de sport ?
C’est une vraie question. Quand je regarde un certain nombre d’éléments, je me dis que oui, la France est un grand pays de sport. On a des réussites extraordinaires dans les sports collectifs, on est l’une des toutes meilleures nations au monde. On a un certain nombre d’athlètes exceptionnels que le monde entier nous envie, comme Antoine Dupont, Kylian Mbappé, Léon Marchand, Victor Wembanyama. Cette génération est extraordinaire. On est une nation qui se passionne du sport puisque, chaque week-end, 700 000 Français vont voir du sport dans les enceintes et 2 millions qui regardent du sport à la télévision. On sait aussi qu’on est une grande terre d’organisation d’événements sportifs, mais on sait qu’on a des défis, comme celui de mieux reconnaître l’apport de nos athlètes à la nation, d’arriver à organiser des parcours qui permettent de mieux concilier la passion pour un sport et un bagage académique avec davantage de sport-études. Nous souhaitons multiplier par presque trois les places en sport-études à l’horizon du quinquennat. Sur un sujet comme les équipements, on a déjà commencé à rattraper beaucoup de retard grâce à la continuation de ce qui a été fait sur les 5 000 équipements sportifs de proximité. On va doter ce plan Génération 2024 de 300 millions d’euros dans les trois prochaines années, donc on aura cette faculté à devenir pleinement cette nation sportive, qu’on n’est pas encore tout à fait aujourd’hui, mais qu’on est en train de bâtir tous ensemble. Les Jeux vont nous aider, la Grande Cause va nous aider.
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« De la mauvaise politique politicienne sur le dos des Jeux »
Anne Hidalgo a déclaré que Paris ne serait pas prêt au niveau des transports pour les Jeux. Quelle est votre réaction ?
Je considère qu’Anne Hidalgo a fait de la mauvaise politique politicienne sur le dos des Jeux, et je pense que ce n’est pas acceptable. On a besoin d’avoir un esprit d’équipe, d’être totalement impliqué. Je n’en voudrais jamais à personne d’alerter sur la nécessité d’accélérer ou de s’améliorer sur certains aspects, cette lucidité est importante. Mais ce que je ne peux pas accepter, c’est quand on dit « On ne sera pas prêt », en condamnant par avance une équipe à laquelle on est censé appartenir. Il y a des milliers de gens qui se démènent en l’occurrence sur le chantier des transports pour qu’on soit prêt. Et on sera prêts. Quand on regarde les projets d’infrastructures, il n’y a pas de retards. Les plans de transports sont aujourd’hui finalisés et rassurants sur notre capacité à faire face au flux additionnel avec les renforts d’offres qui sont prévus. Le travail de mise en accessibilité des gares, des stations de métro se poursuit à bon rythme, et on est tous très au travail. On ne nie pas les difficultés, on n’est pas dans la politique de l’autruche, mais on les regarde avec lucidité et détermination. On l’a vu lors de la Coupe du monde de rugby : il y a eu quelques accrocs au début et on était prêts par la suite, on le sera aussi sur les Jeux.
Qu’allez-vous dire à Thomas Bach qui sera à Paris la semaine prochaine, avec comme enjeu la candidature des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur pour les Jeux d’hiver 2030 ?
On aura une réponse le mercredi 29 au soir du CIO pour savoir qui est retenu pour le dialogue ciblé. Nous avons livré, mardi dernier, une très belle prestation d’équipe lors de notre oral devant le CIO, on a su répondre aux interrogations. Je considère que c’est une belle perspective pour arriver à inscrire une trajectoire de grands événements sportifs qui soient plus durables, plus responsables et nous permettent de travailler sur l’avenir de la montagne, y compris sur la mise en accessibilité des sports d’hiver. Je suis complètement au soutien de cette candidature.
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La cérémonie d’ouverture des Jeux sur la Seine pose de nombreuses questions. Comment peut-on arriver à former sur le tas des agents de sécurité pour ce genre d’événements ?
Il y a de nombreux titulaires du diplôme pour exercer cette profession et qui aujourd’hui ne l’exercent pas. Une partie du travail mené par Pôle emploi est d’aller chercher ces personnes et les encourager à reprendre cette activité. Ce sont des flux qui existent déjà et qui peuvent être rapidement mobilisés. On a évidemment besoin de tous les grands majors de la sécurité privée avec nous dans ce chantier et il faut bien travailler avec les entreprises attributaires des Jeux pour qu’ils puissent bien staffer leurs effectifs, de manière à avoir une planification des ressources qui soit pleinement rassurante.
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