Ces chats et chiens errants de Guyane française ont pris l’avion pour être adoptés en métropole – Edition du soir Ouest-France

Correspondance en Guyane, Philippine OREFICE

Tous les mois, des chats et des chiens de Guyane s’envolent pour la France métropolitaine dans l’espoir d’être adoptés. Les bénévoles de l’association « Entraide chiens chats du Maroni » se démènent, soutenus par la SPA, pour offrir en Outre-mer ou dans l’Hexagone un avenir meilleur aux animaux errants ou abandonnés. Reportage

(Carte : Ouest-France)

Chaque année, ce sont des centaines de chiens et de chats d’Outre-mer qui sont transférés en France métropolitaine, avec l’espoir, pour les associations locales qui les ont recueillis, de les voir adopter. À Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane française, l’association « Entraide chiens chats du Maroni » mène un travail de terrain quotidien pour sauver des animaux de l’errance et leur trouver un foyer. D’abord en Guyane : « L’objectif est d’en faire partir le moins possible », souligne Corinne, trésorière de l’association. Depuis janvier, « une trentaine d’animaux ont été adoptés en Guyane, une quinzaine dans l’Hexagone », précise-t-elle. Créée en 2016, Entraide est la seule structure de la ville qui s’occupe de l’errance animale. Il n’en existe qu’une poignée dans toute la Guyane, qui compte très peu de refuges.

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Sortir les animaux de la rue

Ces associations, qui reposent sur le travail « exténuant » des bénévoles, répondent à une véritable problématique dans les communes de Guyane, où une seule fourrière animale existe, dans l’agglomération de Cayenne, et à plus de 250 km de Saint-Laurent. « Avant, il y avait des meutes de chiens devant les commerces de Saint-Laurent. Tu ne pouvais pas faire ton footing à 5 h du matin », se souvient Sylvie Duvivier, la présidente d’Entraide.

Aujourd’hui, les chiens errants ne sont plus aussi nombreux dans la ville mais les fuites, les abandons et, surtout, le manque de stérilisations, restent un problème majeur. Les divagations qui s’ensuivent, outre l’insécurité qu’elles provoquent pour les animaux et les riverains, ont des répercussions catastrophiques sur la biodiversité. Sur les plages d’Awala-Yalimapo ou de Rémire-Montjoly, il arrive que des chiens errants tuent les tortues venues pondre ou déterrent leurs œufs.

Alors, avec persévérance, les bénévoles d’Entraide, en plus de la sensibilisation au bien-être animal, alertent sur la présence des chiens et des chats dans la rue et s’efforcent de leur trouver un toit. « On ne peut pas sortir un chien de la rue sans lui avoir trouvé une famille d’accueil », souligne Pascale, secrétaire de l’association. Une fois sécurisé, l’animal doit être vacciné et subir des tests sanguins. Enfin, depuis sa famille d’accueil, il est proposé à l’adoption sous contrat.

Les adoptions en Guyane, et en Outre-mer de façon générale, ne sont pas suffisantes. Plusieurs associations sont donc en partenariat avec la SPA, la Société protectrice des animaux, qui accueille ceux-ci dans ses refuges de métropole. En 2021, ce sont 1 663 animaux d’Outre-mer qui ont été transférés vers l’Hexagone.

Le départ pour l’Hexagone

Début mai, comme tous les mois, deux chiens et un chat de l’association Entraide sont partis avec une dizaine d’autres, d’une autre association, par avion. Après huit heures de vol, ils ont rejoint le refuge SPA de Morée dans le Loir-et-Cher. Là-bas, ils devraient rapidement être adoptés, à en croire le succès des « bergers du Maroni », ces chiens bâtards très présents sur le territoire, dont l’allure « sympathique » et la petite taille séduisent.

Parfois, ce sont les adoptants eux-mêmes qui contactent l’association depuis l’Hexagone, après avoir « craqué » sur une photo diffusée via les réseaux sociaux. Un travail qui nécessite plus de logistique, avec des formalités à faire à distance, ainsi que des « voyageurs solidaires » à trouver et qui acceptent d’acheminer l’animal sur leur billet d’avion – un supplément aux frais de l’association – mais qui est souvent « le début de belles histoires », sourient les bénévoles.

Prochainement, le travail des associations guyanaises devrait être facilité. Dans le cadre du plan France Relance, Entraide a reçu une enveloppe pour aider à financer la stérilisation des animaux, tandis qu’un dispensaire de la SPA ouvrira en 2024 sur l’île de Cayenne. Mais le relais hexagonal continuera sans doute un moment d’être une aide nécessaire pour les associations locales de protection animale.

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