« Le statut de la neutralité pour les athlètes russes, c’est de l’irresponsabilité », affirme le ministre des sports ukrainien

Depuis le 9 novembre, Matvi Bidny est le nouveau ministre ukrainien des sports et de la jeunesse, en remplacement de Vadym Guttsait. Dans un entretien au Monde, ce culturiste de 44 ans affirme que les athlètes russes et biélorusses, dont la participation aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 reste soumise à l’accord – sous conditions – du Comité international olympique (CIO), sont et seront « utilisés par l’immense machine de propagande » du Kremlin.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Comment les tensions internationales pourraient s’inviter aux Jeux olympiques de Paris

Comment l’invasion russe affecte-t-elle la préparation de vos athlètes aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 ?

Nous subissons des attaques aériennes chaque nuit, ce ne sont pas les meilleures conditions de préparation à des compétitions. Surtout, beaucoup de nos athlètes ont des gens qu’ils aiment sur la ligne de front et ont perdu des proches. Tout cela n’est pas sans conséquences. En ce qui concerne les entraînements, nous essayons de les faire en Ukraine, nous avons quelques lieux réservés à la préparation des Jeux. Mais il est très difficile de rester concentrés. De nombreux athlètes sont partis s’entraîner à l’étranger et les résultats sont bons. Nous espérons qu’il y en aura plus.

Par ailleurs, nos forces armées comptent dans leurs rangs près de trois mille athlètes, entraîneurs et employés du sport. Nous devons aussi prendre en compte les procédures de mobilisation. Demain, par exemple, Ihor Nahaev, notre meilleur entraîneur de canoë-kayak, devra rejoindre le champ de bataille. Il a 57 ans, un enfant, et il doit y aller parce que le pays a besoin de lui pour se battre contre les crimes de guerre de la Fédération de Russie. Nous avons perdu presque quatre cents athlètes et coachs. Nous les appelons « les anges du sport ». Chaque jour, nous perdons les meilleurs d’entre nous.

Comment jugez-vous les efforts du CIO depuis sa recommandation du 28 mars visant à permettre le retour des Russes et Biélorusses dans les compétitions internationales, à condition qu’ils concourent sous bannière neutre et qu’ils n’aient pas activement soutenu l’invasion en Ukraine ?

Nous constatons aujourd’hui une sorte de flirt avec le pays agresseur. Nous ne pouvons pas oublier que les Russes ont violé la trêve olympique, en 2008, en Géorgie. Et ensuite, alors qu’ils accueillaient les Jeux de 2014 [à Sotchi], ils l’ont refait en Ukraine, avec la Crimée [la Russie a également enfreint la trêve olympique avec l’offensive de février 2022, durant les jeux d’hiver à Pékin, motif de sa mise au ban du sport mondial]. Le CIO et d’autres organisations sportives s’attendent à ce que la Fédération de Russie fasse preuve de respect, mais elle ignore tout cela, elle se moque des règles et des valeurs internationales, elle se moque de tout.

Il vous reste 65% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.