C’est un raccourci qui raconte beaucoup des Jeux olympiques et paralympiques, un résumé de ce que sera notre été à Paris, plus largement en Île-de-France et dans quelques autres coins de France. Un programme de festivités grâce à notre supplément puisque, c’est certain, Paris sera une fête, de sports, mais pas seulement, loin de là. Et pour l’accompagner – à lire en exclusivité dans l’interview de Laurent Nuñez, le préfet de police de Paris -, un plan précis des dispositifs de sécurité, de circulation… Comme si l’un n’allait plus jamais sans l’autre. Et d’ailleurs, l’un ne va plus jamais sans l’autre.
Dans l’histoire olympique, le changement de paradigme en la matière est facile à dater : le 5 septembre 1972. La prise d’otage d’athlètes israéliens au village olympique par l’organisation palestinienne Septembre noir qui tourne au carnage – onze d’entre eux seront assassinés, alors qu’un policier allemand et cinq (des huit) terroristes seront tués. Israël, Palestine, otages, organisation terroriste, des mots qui aujourd’hui encore, aujourd’hui plus que jamais, ont une résonance particulière.
Ce jour de 1972, les Jeux perdent leur innocence. Plus rien, durant les quinzaines olympiques, ne sera vraiment comme avant. Les athlètes sont mieux protégés, et même coupés du monde, vivent et performent sous haute sécurité. Montrer patte blanche permet d’entrer sur les sites de compétition mais n’autorise plus à entrer au village olympique, sans doute l’un des lieux les mieux protégés de la planète.
Depuis, le terrorisme a frappé partout ou presque, répandant l’horreur, ici, à Paris et en France, comme ailleurs. Essayant de toucher nos sociétés dans ce qu’elles ont de plus cher, la liberté de chacun de vivre, penser, s’exprimer, croire, s’habiller, s’aimer comme il le souhaite, tentant de répandre sur nos vies un voile d’ignorance, d’intolérance et de violence. Sans y arriver, même si l’obscurantisme et la haine ont gagné du terrain.
N’empêche, nous continuons et continuerons à enseigner l’histoire et les religions, à aller danser et chanter dans des concerts, boire et trinquer en terrasse. Et faire la fête dans Paris. Notamment durant les Jeux. Mais plus à n’importe quel prix. La sécurité est devenue, en quelque sorte, le prix de notre liberté.
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