Livrer les Jeux olympiques d’été à Paris, en juillet prochain, tout en finalisant le dossier de l’organisation des Jeux d’hiver de 2030, dont la validation interviendra juste avant la cérémonie d’ouverture parisienne… Voilà le défi qui attend la France ces prochains mois. Depuis mercredi soir, et le choix du Comité international olympique (CIO) de ne poursuivre le dialogue ciblé qu’avec « les Alpes françaises », la France du sport joue sur deux grands tableaux et se prépare à organiser deux événements olympiques et paralympiques en seulement six ans.
Pour l’obtention des JO de 2024, la France avait dû batailler pendant trois ans, entre 2014 et 2017, et avait multiplié les dossiers et les présentations, car le mode d’attribution faisait qu’il fallait convaincre un grand nombre de membres du CIO. À l’époque, les porteurs de la candidature avaient fonctionné sous forme d’association ( « Ambition olympique »), puis de Groupement d’intérêt public (GIP), codirigé par Bernard Lapasset et Tony Estanguet.
Pour les Alpes, un comité de candidature bientôt en place
Pour 2030, la procédure a été express, le CIO fonctionnant désormais via des discussions de gré à gré. Le premier dossier, présenté le 21 novembre, a été instruit en utilisant les ressources internes des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes Côte-d’Azur et en faisant appel à des cabinets d’experts.
Le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) a œuvré, encore plus qu’en 2014, pour apporter son expertise en la matière alors que l’État avait nommé un Préfet pour faire le lien entre les services, le Délégué interministériel aux Jeux olympiques et paralympiques (Dijop), Michel Cadot, étant déjà largement mobilisé sur le dossier de Paris 2024.
L’entrée dans la dernière phase de candidature — une formalité, malgré tout — va contraindre les « Alpes françaises 2030 » à s’organiser, via une structure préfiguratrice du futur comité d’organisation. Dans un premier temps, elle devrait être hébergée à la maison du sport français, à Paris, avant de migrer dans l’une des deux régions.
L’État et le comité olympique français sur deux fronts
Avec le dialogue ciblé, les « Alpes françaises » vont entrer dans un niveau de détails supérieur. Il va notamment falloir instruire le dossier de la patinoire (et son modèle économique), unique site à construire. L’expérience de 2024 sera utile dans le domaine, le Cojo ayant dû à plusieurs reprises revoir le format et le budget du centre aquatique olympique par exemple.
Il faudra également bâtir un budget (environ 1,5 milliard d’euros) avec les différentes parties prenantes, aussi en fonction de l’apport du CIO et des futurs potentiels sponsors, dont certains pourraient être les mêmes que pour Paris 2024. Un recrutement au sein de la structure va donc être lancé afin de présenter, fin mars, le dossier quasi définitif (une visite du CIO dans les Alpes est également prévue).
Les deux comités en sont évidemment à des étapes différentes — la livraison pour Paris 2024, la conception du projet pour les Alpes françaises — mais on peut imaginer que certains salariés (ou ex-salariés) vont passer d’un projet à l’autre, sachant toutefois que le projet hivernal a moins d’envergure que celui sur laquelle la France travaille depuis dix ans. Une grande partie de l’expertise est actuellement concentrée à Pulse, siège de Paris 2024, où travaille près de 2 000 personnes.
Deux comités d’organisation distincts, donc, mais une nécessité pour les comités olympique et paralympique français et le ministère des Sports de s’impliquer sur tous les terrains. Le président Emmanuel Macron devrait réunir, au premier trimestre, les acteurs des « Alpes françaises » afin de discuter des grands axes du projet. Il ouvrira la session du CIO de juillet (celle-ci se déroulant à Paris, juste avant les JO), qui validera (sauf cataclysme) le choix alpin pour 2030. C’est lui aussi qui déclarera les JO d’été ouverts, le 26 juillet 2024, à l’issue de la cérémonie d’ouverture sur la Seine.
Martin Fourcade en patron ?
Dans les tribunes, sans doute, des futurs acteurs des Alpes françaises 2030. Comme Martin Fourcade, président de la commission des athlètes à Paris 2024, que beaucoup verraient bien à la tête du futur comité d’organisation (avec un périmètre d’actions à définir, car rien ne dit que les Alpes 2030 fonctionneront avec un organigramme similaire à celui de Paris 2024). Laurent Wauquiez et Renaud Muselier, les deux présidents de régions concernées par 2030, devraient également profiter des Jeux parisiens pour observer.
Dans sa phase de lancement, le projet alpin va s’inspirer de son grand frère parisien. Une bonne nouvelle, car la France, qui il y a encore six mois n’envisageait pas de se lancer aussi vite, ne dispose que de six ans pour livrer son événement.
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