Pour entretenir cette flamme, l’ETI française cultive des relations solides avec différentes écoles d’ingénieurs de la région. « Nous venons de signer une convention de parrainage avec Polytech Clermont », déclare Nicolas Chabaud. Actions de formation, conférences techniques et visites de sites industriels sont prévues pour sensibiliser les étudiants ingénieurs spécialisés en génie électrique. Avec l’idée, au passage, de susciter des vocations. « C’est aussi une manière pour nous de contribuer à l’écosystème local ».
Dans son étude, La Fabrique de l’industrie identifie d’ailleurs l’ancrage territorial comme un outil pour lutter contre le fameux taux d’évaporation. « Une étude récente montre que les Français sont très peu mobiles pour des motifs professionnels. (…) Au rang des pistes de travail, nous (La Fabrique de l’Industrie, ndlr) recommandons une territorialisation des outils de formation, et sur chacun des territoires, l’élaboration d’une stratégie de formation aux métiers industriels ». Au-delà de la proximité, l’exemple du groupe GCK apporte une autre piste à explorer pour attirer les jeunes salariés : le sens.
Des jeunes en quête de sens
Le mot est sur toutes les bouches : la fameuse « quête de sens au travail ». Aujourd’hui les actifs ne démissionnent pas mais demandent plus de sens dans leurs missions. 43 % des travailleurs envisagent cependant de quitter, dans les deux ans, leur emploi pour un autre ayant plus de sens, d’après un rapport paru à l’été 2023. Les nouveaux entrants (les jeunes diplômés) ne dérogent pas à cette aspiration. Et quand ils ne désertent pas, ils bifurquent. « Chez GCK, je le vois quand je fais passer des entretiens d’embauche, nous confie Nicolas Chabaud. Certes, ils viennent pour le poste, mais ils sont de plus en plus à postuler d’abord pour le projet, parce qu’il correspond à leurs aspirations de travailler en faveur de la décarbonation ».
Ces aspirations convergent d’ailleurs avec un plan de réindustrialisation pensé pour être « vert ». Le 23 octobre dernier, la loi industrie verte a été promulguée, comme une réponse à l’Inflation Reduction Act américain, qui finance à coups de dollars (400 milliards) la transition énergétique et, ce faisant, contribue à rendre leur industrie plus écologique. Là encore, la France peut jouer la carte de la souveraineté.
Gilles Moreau, de la société Verkor, nous racontait, dans une interview récente, que l’Europe disposait d’une technologie mais n’avait pas pu en tirer tous les fruits, faute d’avoir « des usines pour la fabriquer ». Charge aujourd’hui à l’industrie française d’avoir bien les usines pour mettre en action cette industrie verte… et aussi les jeunes pour y travailler. C’est en tout cas tout l’ambition de la Semaine de l’Industrie qui s’achève.
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