Peut-on toujours envisager d’accueillir sereinement un événement comme les JO 2024 après l’attaque terroriste qui a fait un mort ce week-end à Paris ? « La menace terroriste, notamment la menace islamiste radicale, elle existe, elle est là, elle n’est pas nouvelle », reconnaît la ministre chargée de les organiser. « Elle n’est ni spécifique à la France ni spécifique aux Jeux. Et elle est suivie de très près, à la fois par l’ensemble des forces du ministère de l’Intérieur et par l’entourage du président de la République. On est lucides sur cette menace et nous mettons tout en ordre pour la réduire au maximum. »
« Il y a des dispositifs de sécurité qui vont être très rehaussés pendant les Jeux olympiques et paralympiques », assure Amélie Oudéa-Castéra. « Typiquement, l’endroit où s’est passé cet attentat horrible correspond à un périmètre dans lequel on a la possibilité d’avoir des contrôles extrêmement poussés. Ce sont des périmètres extrêmement sécurisés. On a incontestablement, sur la cérémonie d’ouverture, un défi sécuritaire tout particulier, on le sait depuis le premier jour. »
« On a un certain nombre de variables d’ajustement » pour le jour de la cérémonie. « C’est le cas pour l’artistique, qui ne sera finalisé qu’au printemps avec des capacités à moduler, à réduire certains pans de cette programmation. La jauge sera arrêtée au printemps, on peut la moduler ; on a aussi une variable d’ajustement autour du nombre de points de festivités autour de la zone et dans Paris… Et on a, sur la gestion des périmètres de sécurité, là aussi la possibilité de moduler des choses. » Pas question cependant de « délocaliser cette cérémonie ».
« On sera prêts »
« Paris ne sera pas en état d’urgence », promet la ministre. « Le dispositif sur les périmètres de sécurité et de circulation est un dispositif nécessaire, qui repose sur une base légale et qui est proportionné. Ça n’a rien à voir avec l’état d’urgence où on reste à domicile, avec des contraintes pénales, et sur l’ensemble du pays : c’est zoné, ça n’implique un QR code que pour les déplacements motorisés dans les périmètres rouges. Il faut raison garder ! »
Les transports parisiens, eux, seront-ils prêts à gérer le flux massif de visiteurs en 2024, contrairement à ce qu’affirme Anne Hidalgo ? « J’ai toujours dit qu’on était plus forts avec une ville de Paris engagée et à la tâche » sur cette question. « Il ne faut pas jouer contre son camp, si certains le font il faut être plus forts que ça. Aujourd’hui, le sujet c’est de travailler en équipe, que chacun puisse apporter toute son expérience à l’équation. »
« On sera prêts » sur le sujet des transports, martèle la ministre. « On a un travail très important à mener pour finaliser les infrastructures, boucler les derniers éléments des plans de transport. Mais pour le reste, il n’y a pas d’alerte. On a surtout des grands patrons dans nos opérateurs de transports, des équipes par milliers mobilisées pour être prêts le jour J. »
« Ne pas se priver des sports d’hiver »
Amélie Oudéa-Castéra se réjouit aussi que la France soit en bonne place pour devoir relever un second défi olympique six ans plus tard avec les JO d’hiver. « C’est une formidable nouvelle pour le sport français, pour nous pousser à penser l’avenir de la montagne, la durabilité », assure-t-elle alors que l’organisation de cet événement, potentiellement catastrophique sur le plan environnemental, fait déjà polémique.
Elle assure qu’il n’est pas question, pour préserver la montagne, de « se priver des sports d’hiver », « au contraire, on doit repenser leur avenir ». « On fait face à un changement climatique extraordinairement pressant, on est là aussi lucides sur ce plan. Ce ne sont pas les Jeux qui vont l’aggraver, ils peuvent nous aider à innover et à penser ces enjeux pour mieux les traiter à l’avenir. »
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