Ipsen dépasse ses objectifs et valide 23 M€ d’investissements

La décision a été validée en novembre. Le site Ipsen de Signes, d’où sortent cinq millions de boîtes de médicaments chaque année, bénéficiera d’un nouvel investissement de 23M€ pour la modernisation de la chaîne de production du Decapeptyl, utilisé dans la lutte contre le cancer de la prostate mais aussi du sein, ce qui porte à 40M€ la somme investie entre 2021 et 2024 sur cette production.

Avec la Somatuline (traitement de l’acromégalie, l’excès d’hormones de croissance) et plus récemment l’Onivyde (prescrit contre le cancer du pancréas), ces trois médicaments, tous fabriqués à Signes, génèrent 60% du chiffre d’affaires du groupe coté en Bourse (3 milliards d’euros en 2022, en hausse de 12,7%) toujours détenu majoritairement par la famille Beaufour qui l’a fondé en 1929 à Dreux.

« Signes, spécialisé dans les produits injectables, est un site stratégique », précise Sandrine Garcia, la directrice de l’usine varoise, qui n’a cessé de s’agrandir en trente ans, sur quinze hectares de terrain dont quatre sont encore disponibles et réservés pour de futurs agrandissements. Car Ipsen à Signes a déjà presqu’atteint l’objectif de six millions d’unités par an fixé pour les années à venir. 

« Notre ambition est d’aller au-delà des produits injectables pour devenir un pôle de fabrication de traitements d’oncologie, de neuroscience et contre les maladies rares sous toutes leurs formes », poursuit la dirigeante.

Relocalisation

Le groupe s’en donne les moyens. En 2022, Ipsen a ainsi relocalisé à Signes une bonne partie de l’activité de la biotech américaine qui fabrique Onivyde, rachetée en 2020. Coût du rapatriement: 25 M€ dont une subvention de 800k€ dans le cadre de France Relance.

Et ce n’est pas fini. « Pour l’instant, la solution en vrac et sa répartition sont faites ici à Signes pour le monde entier excepté les Etats-Unis pour lesquels nous ne faisons que la répartition, car nous attendons les validations administratives pour fabriquer aussi la solution en vrac », précise Sandrine Garcia. Les équipes travaillent aussi à sécuriser l’approvisionnement du principe actif, aujourd’hui fait en Asie, en ayant plusieurs fournisseurs dont un en Europe. Ceux de la Somatuline et du Decapeptyl proviennent du site irlandais d’Ipsen, à Dublin.

Si ces derniers doivent déjà faire face au développement de produits génériques, ce n’est pas le cas d’Onivyde. Ce qui n’empêche pas le groupe de rechercher sans cesse de nouvelles molécules, notamment pour répondre aux besoins de malades sans traitement connu.

« Notre objectif est de sortir un médicament par an grâce à des partenariats avec des entreprises ou des instituts de recherche publique. Nous avons par exemple acquis cette année une biotech américaine spécialisée dans les maladies du foie », ajoute Véronique Delvolvé-Rosset, vice-présidente, en charge de la communication et des affaires publiques pour la France.

Virage

Cette politique qui nécessite des investissements lourds (plus de 440M€ en 2022) a décidé le groupe à prendre un virage, l’an dernier, lorsqu’il s’est séparé de sa branche de médication familiale (notamment Smecta) au profit de Mayoly Spindler, pour se recentrer sur l’oncologie (près de 80% du chiffre d’affaires), les neurosciences (20%) et les maladies rares.

Un marché au modèle économique différent où la croissance se joue aussi, face à la concurrence d’autres médicaments, sur la technicité et la forme des produits (par exemple en kit avec une seringue), dont l’utilisateur est un patient ou un soignant, à domicile ou en milieu hospitalier.

« Plus de 90% des produits que nous fabriquons à Signes sont à libération prolongée, ce qui implique des chaînes de fabrication et un contrôle spécifiques », précise la directrice du site varois. Quelque 400salariés y travaillent, dont 41% à la production qui comprend des salles blanches. « Nous avons remporté en 2021 le prix Shingo (Or) qui distingue notre excellence opérationnelle », précise avec fierté Sandrine Garcia qui a aussi inauguré en septembre dernier un tout nouveau restaurant d’entreprise, moyennant 3,7M€ d’investissement. Une façon de rappeler qu’ici, l’implication des salariés est au cœur du développement.

Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.