IA : Meta, IBM créent une alliance d’entreprises et d’universités

Publié le 5 déc. 2023 à 18:22Mis à jour le 5 déc. 2023 à 18:23

A l’initiative d’IBM et de Meta, plusieurs grands noms et start-up prometteuses de la technologie (AMD, Stability AI, Oracle, Hugging Face , Intel, Sony…) ainsi que des organismes, universités et écoles prestigieuses (Yale, Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, Université de Tokyo, NASA etc.) s’associent sur l’intelligence artificielle (AI).

Baptisée AI Alliance, cette organisation d’une cinquantaine de membres dans le monde est dédiée à l’IA en open source, c’est-à-dire ouverte, notamment aux modifications des développeurs, et le plus transparente possible afin de réduire les risques de dérives.

Annonce phare

Dans un contexte de forte croissance de l’IA, mais aussi de concurrence accrue, les grands groupes tentent de se structurer. « En réunissant des développeurs, des scientifiques, des institutions universitaires, des entreprises […] nous mettrons en commun nos ressources et nos connaissances pour répondre aux préoccupations en matière de sécurité, tout en offrant une plateforme de partage et de développement de solutions », explique AI Alliance dans un communiqué.

Cette annonce est « phare » pour Meta, pour montrer que le groupe a un « rôle fédérateur », souligne Stéphane Distinguin, fondateur de Fabernovel. Le groupe « pousse ses pions dans l’IA tout en menant campagne pour l’intérêt de l’open source ».

Concrètement, l’association se fixe plusieurs objectifs comme développer des normes de référence – notamment un catalogue d’outils de sécurité ; faire progresser l’écosystème des modèles en open source qui peuvent notamment aider sur des défis majeurs comme le réchauffement climatique etc. ; soutenir le développement des compétences en matière d’IA et la recherche à l’échelle mondiale. Sans oublier l’élaboration de contenus et de ressources pédagogiques pour informer le public et les décideurs politiques sur les avantages, les risques, et la réglementation de l’IA.

AI Alliance évoque aussi son intention de « lancer des initiatives qui encouragent le développement ouvert de l’IA de manière sûre et bénéfique et de montrer comment les membres de l’Alliance utilisent la technologie dans l’IA de manière responsable et pour le bien [commun ».

Crise chez OpenAI

Cette annonce intervient quelques jours après les tourments chez OpenAI – avec le départ précipité et le retour de Sam Altman . Alors que la crise dans la maison mère de ChatGPT (qui n’est pas dans ce groupement) a mis l’accent sur les risques de l’IA , AI Alliance « cherche à proposer une alternative crédible au marché en insistant sur le caractère sûr et responsable », reprend Stéphane Distinguin.

AI Alliance remet aussi sur le devant de la scène le débat sur l’open source face aux modèles propriétaires, la voie choisie par OpenAI, mais aussi Google, Microsoft (avec OpenAI) etc. « Parmi les grandes sociétés de la technologie, Meta est un peu l’exception », relève un chercheur. « Mais, la plupart des initiatives nouvelles sont en open source », ajoute Vincent Terrasi, expert en IA, cofondateur de Draft & Goal.

« Nous pensons qu’il est préférable que l’IA soit développée de manière ouverte. Davantage de personnes peuvent en bénéficier, créer des produits innovants et travailler sur la sécurité », a justifié Nick Clegg, président de Meta chargé des affaires publiques dans le communiqué. Lorsqu’il a présenté, cet été, un nouveau modèle de langage accessible gratuitement aux entreprises, le géant californien a fait le pari que son modèle Llama 2 devienne la brique indispensable à toutes les futures applications d’IA, avec l’objectif de faire avec Llama ce qu’a fait Google avec Android, son système d’exploitation en open source qui fait tourner l’essentiel des téléphones.

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