La liste électorale qui servira pour les élections générales de 2026 sera auditée. Patrice Talon a donné son accord pour l’examen du fichier au terme de sa rencontre avec une délégation du parti d’opposition Les Démocrates, incluant Thomas Boni Yayi. Sur l’ensemble de leurs griefs et revendications, c’est la concession majeure faite par le pouvoir au parti de l’ancien chef de l’État. Sur la question du retour des exilés et la libération des détenus comme Reckya Madougou, Patrice Talon est resté intransigeant.
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Avec notre correspondant à Cotonou, Jean-Luc Aplogan
L’opposition obtient satisfaction sur l’audit de la liste électoral. Les Démocrates ont le choix du prestataire et Patrice Talon se dit prêt à payer si le financement fait défaut. Second point, l’absence de l’opposition au sein des organes en charge des élections la Commission électorale nationale autonome (Céna) et de la Cour constitutionnelle.
Patrice Talon relève que l’opposition est bien représentée à la Céna par les FCBE (Forces cauris pour un Bénin émergent). « Les FCBE ne sont pas de l’opposition », rétorque Boni Yayi. Patrice Talon lui répond : « Ce n’est pas parce qu’ils ne m’insultent pas comme vous, que vous allez leur contestez ce statut ».
Puis arrive la séquence sur la Cour constitutionnelle, Patrice Talon fait un historique : « Président Boni Yayi, vous avez été élu en 2006 avec une Cour qui ne comptait aucun de vos représentants, pareil pour Mathieu Kérékou en 1996 et pour moi en 2016. Je n’ai pas touché aux dispositions sur le mode de désignation des membres de la Céna et de la cour ».
Puis le sujet de crispation, la libération des détenus et le retour des exilés. « Je ne compte pas gracier Reckya Madougou, je vous l’ai déjà dit, monsieur le président », explique le chef de l’État. « Tout le monde doit rendre des comptes, la casquette politique ne vaut pas amnistie », ajoute-t-il. Il estime que « les exilés sont partis parce qu’ils étaient convoqués par la justice ». Boni Yayi martèle : « c’est politique et il faut une solution politique ».
Nous avons obtenu de faire l’audit de la liste et d’organiser le suivi de la liste en période électorale. Nous avons aussi obtenu d’être impliqués dans le personnel électoral. Nous avons donné des arguments de droit qui justifient que nous soyons à la Céna. Le président n’a pas cette compréhension. Nous voulons des élections inclusives qui garantissent à chacun une certaine confiance en ce qui va se passer. C’est pour le bien du pays, c’est pour la paix dans le pays. [Patrice Talon] est un peu figé sur certaines positions, nous allons travailler à le faire fléchir. Par rapport au point zéro où nous étions, nous sommes au point 1 ou 2 et nous espérons aller plus loin ».
Le premier vice-président des Démocrates Éric Houndété déclare qu’ils vont travailler à obtenir plus auprès de Patrice Talon.
Au lendemain de cette rencontre, Patrice Talon a reçu mardi 28 novembre Nicéphore Soglo, un autre ancien chef d’État et opposant.
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