COP28 : l’Union européenne juge le texte « insuffisant », « déception » de la France, à la veille de la clôture

L’Union européenne et la France ont jugé ce lundi le projet d’accord présenté par la présidence émiratie de la COP28 « insuffisant », appelant à renforcer l’ambition pour sortir des énergies fossiles, à la veille de la clôture officielle de la conférence climat de l’ONU.

« Pas acceptable en l’état »

« Ce texte, il est insuffisant, insuffisant. Il y a des éléments qui ne sont pas acceptables en l’état », a déclaré la ministre française Agnès Pannier-Runacher à Dubaï. Quelques minutes plus tard, la ministre espagnole Teresa Ribera, représentant l’Union européenne, a également jugé le texte « clairement insuffisant ».

« Nos voix ne sont pas entendues » et le projet est « totalement insuffisant », a dénoncé le ministre samoan Cedric Schuster, qui préside l’alliance des petits États insulaires (Aosis). Le texte « représente une régression importante par rapport aux versions précédentes », a déclaré pour sa part Harjeet Singh, le chef de la stratégie politique mondiale au CAN, qui représente plus de mille associations.

Les États-Unis eux-mêmes, premiers émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre avec la Chine (41% à eux deux) appellent à « renforcer fortement » le projet d’accord.

Pas de « sortie » des énergies fossiles

Le président émirati de la 28e conférence de l’ONU sur le climat, le Sultan Al Jaber, a proposé une voie médiane pour la réduction des énergies fossiles dans le monde, à la grande déception des pays et des ONG qui attendaient un appel clair à la « sortie » du pétrole, du gaz et du charbon responsables du réchauffement planétaire.

Le nouveau texte, de 21 pages, appelle à la « réduction à la fois de la consommation et de la production des énergies fossiles d’une manière juste, ordonnée et équitable, de façon à atteindre zéro net (la neutralité carbone, ndlr) d’ici, avant ou autour de 2050, comme préconisé par la science ». Mais il ne mentionne plus le mot de « sortie » des énergies fossiles.

Le texte fait par ailleurs la part belle aux exigences des pays producteurs ou exportateurs de pétrole, en mentionnant par exemple des technologies balbutiantes de captage et de stockage du carbone, pour continuer à pomper des hydrocarbures.

Sur le charbon, le texte constitue même un recul par rapport à la COP de Glasgow : s’il appelle à « réduire rapidement le charbon sans captage de carbone », il demande aussi des « limites sur les permis accordés pour de nouvelles centrales au charbon » sans captage de CO2. Il y a deux ans, aucun blanc seing n’avait été accordé pour de nouvelles centrales.

Les groupes de pays vont maintenant tenter de parvenir à un compromis à partir de ce texte avant la date limite fixée par Al Jaber lui-même, mardi à 11 heures. « Nous avons fait des progrès, mais nous avons encore beaucoup à faire », a admis Sultan, reconnaissant implicitement que le texte serait encore amendé dans les prochaines heures.

La COP28, « dernière » chance pour limiter le réchauffement à 1,5°C

La 28e conférence climatique des Nations unies à Dubaï est « la dernière » chance pour tenir la limite de 1,5°C de réchauffement, objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris, a mis en garde ce mardi l’émissaire américain John Kerry.
« C’est la dernière COP où nous aurons la chance d’être capable de maintenir en vie le 1,5°C », a-t-il déclaré lors d’une réunion avec les représentants des pays qui débattent dans la nuit du compromis proposé par la présidence émiratie de la COP28, rejeté par de nombreux pays faute d’objectif de sortie des énergies fossiles.

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