La Suisse vit de l’innovation
D’une part, c’est justement en période difficile qu’il faut investir dans l’avenir et la croissance. Car le rendement social et financier de la science et de la technologie suisse est énorme. Un exemple: pour chaque franc investi dans le domaine des EPF, cinq francs sont reversés. Chaque emploi dans le domaine des EPF crée cinq autres emplois en Suisse. Les spin-off du domaine des EPF ont déjà créé 23 000 emplois dans des secteurs d’avenir. Dans quel autre domaine la Confédération peut-elle générer une valeur aussi fiable?
D’autre part, la science et la technologie constituent la base fondamentale de la défense moderne. Les progrès dans des domaines tels que la cybersécurité, la technologie des drones et l’AI sont le résultat direct de la recherche scientifique et se sont avérés essentiels pour les capacités de défense. Par exemple, les développements en cryptographie permettent des communications sécurisées pour les opérations militaires, tandis que les innovations en matière de capteurs et de robotique améliorent l’efficacité et la précision des systèmes d’armes modernes.
Mais la formation, la recherche et l’innovation offrent bien plus que la sécurité. La Suisse vit de l’innovation. Des technologies de l’information à la pharmacie, de la santé aux transports, des technologies vertes à la communication numérique, tous les secteurs de croissance reposent fondamentalement sur la formation, la recherche et l’innovation. De plus, nous nous trouvons actuellement au cœur de la plus grande révolution technologique de notre époque, où l’intelligence artificielle (IA) se positionne au premier plan de ce changement sans précédent. L’IA a le potentiel de changer fondamentalement presque tous les domaines de la vie. Elle repousse les limites du possible et enrichit d’innombrables facettes de notre quotidien.
Contre-productif
Il est donc particulièrement incohérent que des coupes budgétaires soient prévues pour 2024 dans les domaines de la formation, la recherche et l’innovation. On ne peut pas être plus contre-productif. Les priorités à court terme défensives éclipsent ainsi les visions à long terme constructives de notre nation. Cela va à l’encontre de la philosophie suisse d’anticipation et met en danger le rôle de la Suisse en tant que leader de l’innovation. C’est précisément en ces temps de révolution technologique que la Suisse ne devrait pas reculer, mais investir courageusement afin de poser les jalons d’une société orientée vers l’avenir et le progrès.
Après tout, le monde ne dort pas. Tout autour du globe, on investit massivement dans la science et la technologie. Pour reprendre l’exemple de l’IA: d’une part, les géants de l’industrie font avancer le développement en investissant chaque jour des milliards. D’autre part, dans le secteur public, où l’Etat joue habituellement un rôle moteur, les philanthropes commencent à prendre l’initiative. Le partenariat à long terme entre la fondation Dieter Schwarz et l’EPF de Zurich, rendu public récemment, en est un exemple éclatant. Cette coopération comprend le financement de 20 chaires sur trente ans, notamment dans le domaine de l’IA. C’est donc la philanthropie qui prend le relais et continue à développer le site scientifique de Zurich. Il reste à espérer que cette tendance s’impose également en Suisse romande. Car une chose est claire: là où l’IA prospère, il en résulte un avantage économique d’une valeur inestimable pour la région.
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