Que c’est stressant ! Sa main dans la poche brandissant cette biscotte, ce petit bout de carton soit jaune, soit rouge qui « dicte » le football. Il est si petit, se trouve dans une poche mais à chaque fois qu’il sort, il peut faire des dégâts, le Sénégal en sait quelque chose. Il n’a pas toujours existé, il a rattrapé ce sport en cours de route. Mais d’où vient-il ? Qu’est ce qui l’a amené ? Pourquoi le jaune et le rouge ? Quelques-unes de ses anecdotes. Suivez-nous.
Retour sur la genèse du carton dans le football
À ses débuts au 19e siècle, le football ne comportait pas autant de règles et de restrictions comme de nos jours. Les exclusions et avertissements notifiés et « bookés » n’étaient pas au rendez-vous du jeu avant les années 60. Le joueur qui commettait une faute était juste averti ou expulsé verbalement. Ce qui n’évitait pas des problèmes de désistement et d’oubli de la part des instances dirigeantes. Les joueurs devenaient de plus en plus violents, au fur et à mesure que les compétitions se multipliaient et que l’enjeu prenait le pas sur le jeu.
C’est à la suite du Mondial 1962, en témoin du match surnommé la « Bataille de Santiago » qui opposait l’équipe du Chili (pays organisateur) et la redoutable équipe d’Italie (2-0) menée par Bruno Mora. Ken Aston, arbitre anglais de cet affreux match, ne s’en remet pas de sitôt, puisqu’il a fallu l’intervention de la police pour terminer le match et exclure deux joueurs italiens. Le sieur Aston se mettait à chercher un moyen de suspendre le joueur ou de l’avertir en cas de geste illicite sur la pelouse.
L’IFAB a décidé d’introduire le carton blanc. « L’arbitre va donner le carton (blanc) à partir du moment où il considère que la contestation est véhémente et qu’elle remet en cause son autorité. Ça peut être des mots, des bras levés »
Un jour, alors qu’il était dans sa voiture, arrêtée au feu rouge, il se dit : « Bon sang ! Mais bien sûr ! Prenons le modèle sur les feux de circulation et donnons des couleurs à nos décisions arbitrales ». Le rouge et le jaune furent adoptés (le premier pour attester une exclusion et le second pour l’avertissement). Surtout que deux cartons jaunes reçus dans un même match est synonyme d’expulsion. Plus la faute est grave, plus la sanction est lourde. Ce projet fut adopté et mis en pratique au mondial 1970. Le premier carton jaune de l’histoire est écopé par le Soviétique Evgeny Lovchev, le 31 mai 1970 et le premier joueur qui s’est vu faire brandir le rouge est le Chilien Carlos Caszely (tel un signe du destin !). Après l’avoir expérimenté à succès lors du mondial 70, les autres compétitions de football se mettent aux couleurs.
Signification et évolution
Les règles des cartons ont beaucoup été revues mais leur essence est restée le même. Le carton jaune sert toujours à avertir. Il est toujours sorti lorsque le joueur fait une faute jugée non dangereuse ou lors d’une contestation. Selon les compétitions et les pays, le nombre de cartons jaune reçus, plus il est élevé, plus il est passif d’une amende ou d’une sanction.
D’ailleurs, vu que plusieurs joueurs en écopent facilement sans commettre de faute et qu’un deuxième de la même couleur est signe d’expulsion, l’IFAB (International Football Association Board) a décidé d’introduire le carton blanc. « L’arbitre va donner le carton à partir du moment où il considère que la contestation est véhémente et qu’elle remet en cause son autorité. Ça peut être des mots, des bras levés ».
Ce carton servira à diminuer le nombre d’expulsion pour garder la beauté du jeu et maintenir l’équilibre. Le carton rouge symbolise l’expulsion automatique, la sanction après une faute grossière sur un adversaire. Il est souvent suivi par des sièges en commission de disciple selon la gravité de la faute, pour définir la durée de la sentence.
Les Lions, bons clients des cartons
Cette tendance facile à écoper de cartons durant les compétitions peut priver plusieurs équipes de leurs éléments défensifs cadres. Le Sénégal garde un mauvais souvenir avec les cartons puisque son équipe nationale de football a été éliminé du mondial 2018 par une différence sur les cartons reçus. Parmi les plus mémorables, l’expulsion de Pape Sarr en demi-finale de la CAN 2002 face au Nigeria. Un carton rouge qui avait privé aux Lions leur milieu titulaire face au Cameroun en Finale.
Même scénario en 2019, mais en charnière centrale. Le Sénégal a perdu son défenseur vedette, Kalidou Koulibaly pour la finale de la Coupe d’Afrique des Nations en 2019, à cause d’un carton jaune reçu en demi-finale face à la Tunisie. Les actuels champions d’Afrique vont finalement s’incliner contre l’Algérie sans leur roc. Plus récemment, les Lions étaient obligés de disputer les huitièmes de finale de la Coupe du Monde au Qatar en 2022 sans le patron de l’entrejeu, Idrissa Gana Gueye, averti deux fois en phases de poule.
Le football reste un sport d’une beauté remarquable, qui incarne et promeut des valeurs comme le respect de l’adversaire et le fair-play. Il est certainement utopique de demander aux joueurs d’arrêter de commettre des fautes ou de ne pas être sur les nerfs. Nous aimons ce sport surtout pour sa spontanéité.
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