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Haïti – Société : 64 % de la population haïtienne vit en ville et la croissance est soutenue
14/12/2023 09:55:26
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Mardi 12 décembre 2023, un Forum Urbain régional du Grand Sud s’est tenu à Camp Perrin à l’initiative du Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire (CIAT). Au programme de cette rencontre, le partage des résultats des travaux réalisés depuis une dizaine d’années autour de la question urbaine en particulier dans certaines villes du Grand Sud (Sud, Nippes, Sud-est et Grande Anse). Un autre Forum Urbain Régional est prévu dans le Nord, au Cap Haïtien le 15 décembre.
En préambule, Michèle Oriol, Secrétaire exécutive du CIAT a rappelé que le territoire haïtien a changé. La population est passée de 6 à 12 millions d’habitants entre 1982 et 2020, et elle a changé d’habitat : 40 % de population urbaine en 1982, 64 % en 2020.
Ces changements durables obligent à repenser l’ensemble du territoire. Les études du Programme de Recherche dans le champ Urbain (PRCU), les données de l’Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique (IHSI) et du Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP) montrent que le développement des zones de bâti dense ne coïncide plus avec le concept administratif de commune où le chef-lieu correspondait avec la zone de bâti dense et où le reste de la commune était rural. Dans le Grand Sud par exemple, il existe des tendances affirmées de peuplement linéaire le long de l’axe routier Miragoâne/Fonds-des-Nègres/Aquin ainsi que le long de la faille Enriquillo.
La transition urbaine (la moitié de la population du pays en ville) s’est faite en 2014. La croissance annuelle moyenne de la population urbaine reste rapide et la demande de ville très forte. Le mouvement d’extension a été soutenu. La grande vitesse du développement des métropoles constitue un enjeu majeur, que ce soit dans le Grand Sud ou le Grand Nord.
Sans contrôle ni accompagnement des pouvoirs publics, les conséquences de l’urbanisation spontanée soulèvent de nombreux défis :
- Des villes sous menace constante (ouragan, hautes marées, séismes, etc…), sans économie, sans équipements, aux voies et réseaux déficients, au parcellaire chaotique et au patrimoine foncier spolié qui ne permet pas une politique de logement, où les règles d’urbanisme ignorées des autorités et des citoyens font disparaitre l’urbanité par pans entiers, notamment avec l’émergence des gangs, des villes orphelines, sans autorités élues et dédiées et sans budgets ;
- La Réduction des surfaces agricoles en périphérie des villes ;
- Des pressions sur un environnement déjà fortement dégradé : déboisement, altération durable de tout ou partie des sols, pollution. occupation des berges, des littoraux, etc… ;
- La multiplication des vulnérabilités des zones bâties face aux différents aléas naturels ;
- Des populations nouvellement arrivées s’installées dans les zones les plus insalubres, les plus à risques, dont l’intégration urbaine est quasi impossible.
Trois forums régionaux et un forum national seront organisés par le CIAT dans les prochaines semaines pour permettre de discuter avec les acteurs locaux et régionaux les grandes lignes d’une politique urbaine définies au cours des travaux de terrain et rencontres avec les spécialistes au cours des dernières années. « Beaucoup d’enthousiasme des universitaires, plus de réalisme des maires, une bonne volonté générale de faire des vraies choses » s’est réjoui Michèle Oriol à l’issue de ce premier Forum Urbain Régional.
HL/ HaïtiLibre
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