En matière de voyage, la France serait, selon certains, en train de devenir le Midwest de l’Europe : isolée, casanière, ne regardant pas au-delà de son horizon pour ses vacances et fort peu pourvue en passeports.
Certains éléments pointent dans ce sens. Selon une étude, quatre Français sur dix approuvent l’idée de limiter les trajets en avion à quatre par personne en une vie – soit un tous les vingt ans si on a de la chance.
Cette hostilité vis-à-vis du voyage aérien est bien dans l’air du temps puisque la France a déjà interdit les vols intérieurs sur de courtes distances, nous dit-on. Dans le même temps, une autre étude conclut que la demande de vacances a considérablement baissé par rapport à l’année dernière, et les chiffres officiels montrent que la moitié de la population à peine possède un passeport. On est plus proche de 75 % au Royaume-Uni.
Donc les Français se comportent comme des Français et sont tellement contents d’eux et de leur place dans le monde qu’ils ne veulent pas aller ailleurs ?
Non, pas tout à fait. Quelques ajustements sur les déclarations qui courent l’Internet s’imposent. Prenons-les une par une. Quarante pour cent des gens sont favorables à quatre trajets en avion pour toute une vie ? Je vous en prie. C’est ce que dit la vox populi, un sondage. Les gens racontent n’importe quoi et, en France, ils disent ce qu’ils pensent qu’on attend d’eux – avion et viande, mauvais ; vélo et aubergines en circuit court, bon – et continuent à faire comme avant : prendre l’avion, manger du bœuf et balancer les aubergines à la poubelle.
Le fossé entre le discours public et le comportement concret est encore plus grand en France qu’en Grande-Bretagne. Aucun Français ne reconnaît préférer les hypermarchés ou les fast-foods, mais alors qui sont ces centaines de personnes qui font la queue à Lidl, chez Leclerc ou au McDonald’s ?
Pareil pour les voyages. Beaucoup affirment ne pas aimer ça, mais Air France proposait toujours jusqu’à 835 vols par jour à destination de 89 pays d’avril à la fin du mois de septembre cette année – soit autant qu’en 2019 –, et espérait faire plus. Beaucoup de gens achetaient des billets. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le poids des 40 % d’anti-avion ne se fait pas encore sentir, c’est même plutôt l’inverse.
Quant à l’interdiction des vols intérieurs en mars 2023, ce n’est pas tout à fait ça non plus. Les seuls vols interdits sont ceux qui relient des villes pour lesquelles il existe une liaison ferroviaire
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