Standing ovation dans la loge princière. Albert II de Monaco applaudit à tout rompre. À ses côtés, Caroline semble encore transportée par les airs de ce grandiose « Fantôme de l’Opéra », au point d’envoyer un baiser à la cantatrice Cecilia Bartoli, montée sur scène pour saluer avec les artistes.
C’est elle, la nouvelle directrice de l’opéra de Monte-Carlo, qui, pour son premier Noël en principauté, a choisi de programmer cette comédie musicale culte. Dans la salle, certains esprits étriqués ne goûtent pas forcément à cette audace : « C’est trop américain pour moi, je préfère Verdi », murmure une dame à sa voisine. Mais dans sa grande majorité, le public est conquis, voire émerveillé. Comment ne pas l’être devant ce superbe spectacle gothique, qui fait pleurer et frissonner ?
Cecilia Bartoli avoue avoir toujours été « captivée » par « cette histoire d’amour impossible, née dans l’obscurité humide et froides des souterrains de l’Opéra de Paris ».
À l’origine, le « Fantôme » est un roman écrit en 1910, par l’auteur français Gaston Leroux (« Le mystère de la chambre jaune », « Le parfum de la dame en noir »…). L’histoire d’une jeune chanteuse orpheline nommée Christine Daaé, qui est hantée, chaque soir dans sa loge, par la voix mystérieuse d’un « ange de la musique ». Il s’agit du fantôme de l’opéra, un ancien prestidigitateur, né défiguré, qui s’est réfugié et a grandi dans les caves du palais Garnier. Profondément épris de Christine, il décide un jour de l’enlever.
Ramin Karimloo sous le masque du fantôme, à Monaco
© Alessandro Pinna
Une comédie musicale culte mais jamais présentée en France
En 1986, le compositeur britannique Andrew Lloyd Webber – à qui l’on devait déjà « Cats » et « Jesus Christ Superstar » – décide de l’adapter. Présenté au His Majesty’s Theatre, « The Phantom of the Opera » est un triomphe immédiat, qui ne s’est jamais démenti, puisqu’il y est joué sans interruption depuis.
Ce succès phénoménal le fera voyager aux quatre coins du globe, notamment aux États-Unis, à Broadway, où il restera à l’affiche durant 35 ans. Mais étonnante anomalie : « Le Fantôme de l’Opéra » n’a jamais connu de production digne de ce nom en France. En 2016, le théâtre Mogador l’avait bien programmé, mais un incendie survenu à quelques jours de la première avait contraint de tout annuler. Certains y avaient d’ailleurs vu un signe de ce que l’on croit être la « malédiction du fantôme de l’opéra ».

The Phantom of the Opera, à l’opéra de Monte-Carlo
© Alessandro Pinna
Ramin Karimloo, formidable dans le rôle du fantôme
Quant au palais Garnier, à Paris, où se déroule pourtant l’intrigue, il n’a jamais eu le cran de l’accueillir dans ses murs. La salle Garnier de Monaco – construite par le même architecte – est donc l’écrin rêvé pour pallier à cette aberration. « À Monaco, le fantôme de l’opéra sera un peu chez lui », s’amuse Cecilia Bartoli, interviewée par « Paris Match » il y a quelques jours.
Même si la petite scène de cette salle Garnier ne permet pas autant d’effets de décors que le His Majesty’s Theatre, la magie du « Fantôme » reste intacte. « Angel of Music », « The Music of the Night », « Masquerade »… Chaque morceau, chaque mélodie, chaque note, de cette œuvre est un pur enchantement. Dans le rôle-titre, Ramin Karimloo est incroyable de précision. Saluons également Amelia Milo, dans le rôle de Christine, et Vinny Cole, dans celui de Raoul, le vicomte de Chagny. En bref, comme Caroline de Hanovre, on ne peut que s’extasier pour « The Phantom of the Opera ».
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