Il rêvait d’une nouvelle aventure, de Premier League et de Ligue des champions, mais le mercato sait se montrer taquin et Youssouf Fofana est resté en Principauté l’été dernier. Le vice-champion du monde (15sélections, 2 buts) a reçu des offres, West Ham et Nottingham Forest s’étaient positionnés, mais ce n’était pas les destinations qu’il attendait. L’Inter Milan et Manchester United ont pensé à lui aussi, par le biais de prêts avec ou sans option d’achat mais, cette fois, ça ne collait pas au transfert sec souhaité par l’ASM. Les Red Devils ont fini par recruter le Marocain Sofyan Amrabat (le 1er septembre) et laissé le natif de Paris vivre une cinquième saison à Monaco, l’équipe qui l’avait acheté pour 15 millions d’euros en janvier 2022.
Observé par la Juve, Paris et Manchester United
À 24 ans, Fofana vient de signer son meilleur début de saison statistiques sur le Rocher (1 but et 3 passes en 14 matchs). Malgré des prestations moins abouties entre fin octobre et mi-novembre, notamment à Lille (défaite 2-0) et au Havre (0-0), il n’a pas subi de contrecoup. « Je suis très très content d’être resté », disait-il fin septembre, conforté par le mercato et l’excellent début de saison de l’ASM. Monaco ne dispute pas de Coupe d’Europe mais joue les premiers rôles en Ligue 1 et son influence est forte, surtout lorsqu’il œuvre dans l’entrejeu avec Zakaria.
Son contrat court jusqu’en juin 2025 et il est toujours suivi par de grands clubs européens. Des émissaires de la Juventus, de Manchester United et du PSG sont venus le voir jouer cette saison. Et Mundo Deportivo a rapporté un intérêt du FC Barcelone pour l’été prochain. Selon nos informations, les Catalans n’ont pas pris contact avec le joueur, mais ces intérêts multiples montrent que la cote de Fofana reste élevée. Le Francilien n’est pas obsédé par un départ cet hiver. Il se voit plutôt finir la saison à l’ASM. Bien qu’à l’écoute des projets qui pourraient se présenter en janvier, il ne fera pas n’importe quoi à six mois de l’Euro. Menacé par l’éclosion de Zaïre-Emery et la première convocation du Parisien chez les Bleus en novembre, le numéro 19 a montré qu’on pouvait compter sur lui lors du dernier rassemblement. Ses deux premiers buts en sélection contre Gibraltar (14-0) et en Grèce (2-2) l’ont relancé dans l’optique du championnat d’Europe. Il avait conscience que son temps de jeu avait fondu depuis la Coupe du monde. Avant ses fulgurances, il n’avait pas joué plus d’un quart d’heure lors de chacune de ses cinq dernières sélections et un coup de collier s’imposait.
Il adore Hütter
Sa patience n’est pas seulement liée à l’Euro. Elle est le résultat de son épanouissement sous les ordres d’Adi Hütter. L’Autrichien l’a fait changer de statut depuis qu’il s’est posé sur le banc monégasque en juillet. Fofana porte le brassard quand Ben Yedder est remplaçant et, contrairement à ce que lui demande Didier Deschamps en Bleu, il a plus de liberté sur le Rocher. Si son sélectionneur le considère avant tout comme un récupérateur, Hütter l’a installé comme relayeur. Il utilise sa puissance physique pour créer le surnombre dans les trente derniers mètres. Lors de la défaite face à Lyon (1-0, vendredi dernier), le milieu de terrain a même joué les rampes de lancement. En première période, il est descendu très bas, entre ses centraux, pour organiser la relance et permettre à Singo de s’écarter jusqu’à la ligne de touche.
Fofana loue son entraîneur pour la sérénité qu’il dégage, son discours posé et ses consignes claires. Avec plus de responsabilités, il a pris du poids dans la vie du groupe comme sur le terrain. Même s’il peut encore le faire davantage, il dirige, recadre, encourage ou canalise ses partenaires. Après les départs successifs de Tchouameni, Disasi ou Badiashile, il a élargi ses affinités. Il semble plus proche aujourd’hui des joueurs étrangers de l’effectif. Sa complicité avec Golovin ou Minamino saute davantage aux yeux. Le Japonais mais surtout le Russe l’avaient chambré en zone mixte à Rennes, alors qu’il répondait aux médias. Ce jour-là, l’ancien Strasbourgeois avait marqué au bout d’une belle chevauchée et bluffé ses copains. Il devra insister pour ramener l’ASM en Ligue des champions et partir l’esprit léger.
Matazo, Gelson : les autres dossiers
Blessé à une cuisse, Eliot Matazo est sur le flanc jusqu’au début d’année prochaine. Mais l’international belge a peut-être disputé son dernier match avec l’ASM le 30 septembre contre l’OM (succès 3-2). En effet, le milieu défensif de 21 ans n’est pas satisfait de son temps de jeu (6 matchs, 95 minutes de jeu et aucune titularisation cette saison). Lié à l’ASM jusqu’en 2026, après sa prolongation de trois saisons en janvier 2022, il reste barré par la concurrence et les recrues du club chaque été (Jean Lucas, Camara, Zakaria…).
Une fois remis sur pied, et si les offres qu’il reçoit lui conviennent, l’ancien Anderlechtois pourrait être tenté de voir ailleurs. Prêt ou transfert, il ne s’interdit rien.
Alors qu’il s’entraîne à part du groupe pro depuis plusieurs mois avec son accord, Gelson Martins espère trouver une porte de sortie cet hiver, à six mois de la fin de son contrat. La valeur du Portugais de 28 ans, acheté 30 millions d’euros en 2019, est aujourd’hui estimée à 2,5 millions d’euros.
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