Loi immigration : la France a « un problème d’immigration » mais n’est pas « dépassée », assure Emmanuel Macron

Invité de l’émission C à Vous sur France 5 ce mercredi soir, le chef de l’État Emmanuel Macron a déclaré que la loi sur l’immigration était « un bouclier qui nous manquait ». Emmanuel Macron « assume » un texte « utile », qui « va nous permettre de lutter contre ce qui nourrit le Rassemblement national ». Cette interview intervient au lendemain du vote de la loi immigration qui a provoqué la démission du ministre de la Santé et un profond malaise dans la majorité, tandis que plusieurs départements prévoient de ne pas appliquer une des dispositions du texte.

Après 18 mois de revirements et rebondissements autour de ce projet de loi, l’Assemblée l’a voté ce mardi soir avec 349 voix pour et 186 voix contre, sur 573 votants, LR et RN joignant leurs voix à celle de la majorité. Cette dernière s’est divisée : 59 voix lui ont manqué, sur 251 députés, entre votes contre et abstentions.

Le chef de l’État n’approuve pas tout le contenu de la loi

Cette loi « est le fruit d’un compromis » entre la majorité et la droite, a salué le chef de l’État, tout en rappelant qu’il n’approuve pas tout le contenu de la loi : « Est-ce que c’est le texte que nous voulions ? Non » a dit Emmanuel Macron. Il a notamment évoqué la caution demandée aux étudiants étrangers. Ce « n’est pas une bonne idée », d’après le président de la République. « Je vous le dis en toute sincérité, parce que je pense qu’on a besoin de continuer à attirer des talents et des étudiants du monde entier », a-t-il expliqué. Mais « le texte qui sort est un texte qui reste utile », et « les dispositions qui ont été acceptées, même si elles ne plaisent pas, ne justifiaient pas de tout bloquer », a-t-il ajouté. Certains volets de la loi peuvent « se retravailler » a-t-il assuré. Le locataire de l’Élysée a « revendiqué » le « en même temps » de cette loi.

Une victoire idéologique du RN ?

Emmanuel Macron a aussi répondu aux critiques sur l’attribution des prestations sociales qui relèverait de la « préférence nationale », selon le RN et l’opposition de gauche. Cette idéologie historique du Front national puis du Rassemblement national propose de donner la priorité aux Français, notamment dans l’attribution des aides sociales. Emmanuel Macron a démenti que les dispositions de la loi immigration seraient « de nature Rassemblement national ». « C’est une défaite du Rassemblement national », a assuré le chef de l’État qui estime que pour éviter que le RN arrive au pouvoir, « il faut traiter les problèmes qui le nourrissent ». Il a notamment affirmé que la loi visait « très clairement » à décourager l’immigration clandestine.

La mesure pointée du doigt est notamment l’instauration un délai de cinq ans pour les étrangers non-européens en situation régulière qui ne travaillent pas, et de trente mois pour les autres, avant d’être éligibles à des prestations comme les allocations familiales ou l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), une prestation versée aux personnes âgées. Les 32 départements de gauche ont d’ailleurs annoncé qu’ils n’appliqueront pas le durcissement des conditions de versement de l’APA. Ils estiment que cette loi est « inspirée par l’extrême-droite ».

Le pays n’est pas « dépassé par l’immigration

Le président Emmanuel Macron a indiqué ce mercredi qu’il y avait « un problème d’immigration en France », mais a nié que le pays soit « dépassé » comme l’affirme l’extrême-droite. « Je pense que toutes les bonnes âmes qui m’expliquent que ce n’est pas bien ce que vous faites, ce sont tous les gens qui ont gouverné le pays pendant 40 ans et qui ont fait quoi ? », a déclaré le chef de l’État sur France 5, reprochant à ses prédécesseurs de ne pas avoir réglé cette question.

Le président « respecte » la décision d’Aurélien Rousseau

Emmanuel Macron « respecte » la décision d’Aurélien Rousseau de démissionner, a-t-il dit sur France 5 quelques heures après le départ du ministre de la Santé qui a claqué la porte pour dire son opposition au projet de loi. « J’ai aussi beaucoup de respect pour les députés de la majorité qui ont voté une loi dont ils n’aiment pas toutes les dispositions » a indiqué le président de la République.

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