Le bilan de l’explosion et de l’incendie du principal dépôt de carburant de Guinée, lundi dernier, est passé ce jeudi 21 décembre 2023 à 23 morts, selon le gouvernement, alors qu’à Conakry, des heurts ont opposé les forces de sécurité et des groupes de jeunes protestant contre le manque d’essence dans les stations-service.
Dans la nuit de dimanche à lundi, le souffle de l’explosion et l’incendie qui a suivi dans la zone portuaire de Kaloum, le quartier administratif et des affaires de Conakry, ont provoqué d’importants dégâts matériels et mis à l’arrêt l’économie.
« Un nombre important de disparus »
Le sinistre a provoqué « 23 décès » et 241 blessés, a annoncé le gouvernement dans un communiqué lu jeudi soir à la télévision publique.
Le précédant bilan publié mardi avait fait état de 18 morts et plus de 212 blessés lors de l’incident.
Sur les 241 blessés, 167 ont regagné leurs domiciles et 74 sont toujours hospitalisés, a dit le gouvernement dans le communiqué.
« De nombreuses déclarations font état d’un nombre important de disparus. Des investigations sont en cours pour les élucider », a-t-il ajouté.
Une enquête ouverte pour incendie volontaire
Selon le ministre de la Justice, Alphonse Charles Wright, joint par RFI, le procureur de la République a ouvert des enquêtes judiciaires contre X pour incendie volontaire, mais aussi pour destruction, homicide et coups et blessures volontaires.
Le chef des militaires au pouvoir en Guinée, le colonel Mamadi Doumbouya, a annoncé mercredi soir un deuil national de trois jours, à partir de jeudi, en hommage aux victimes.
L’explosion et l’incendie ont laissé des centaines de ménages sinistrés, entraîné d’importants dégâts matériels et continuent de paralyser l’économie du pays.
Le gouvernement a annoncé la reprise de l’approvisionnement en gasoil, mais la distribution d’essence reste coupée depuis l’incident et la restriction des camions-citernes est maintenue.
Des tensions liées à la pénurie d’essence
Ce manque d’essence a provoqué jeudi à Conakry des heurts entre les forces de sécurité à des groupes de jeunes réclamant ce carburant dans les stations-service.
Les affrontements ont sporadiquement mis aux prises jeudi après-midi des jeunes mobiles jetant des pierres, à des forces de défense massivement déployées, qui ont riposté en tirant du gaz lacrymogène, a constaté un journaliste de l’AFP.
Des centaines de jeunes, cagoulés ou masqués pour la plupart, ont barricadé la route menant des périphéries de Conakry au centre de la capitale, notamment dans les quartiers de Sonfonia, Wanindara, Kagbelen, Koloma et Hamdallaye.
Ils ont érigé des barricades, renversé des poubelles et brûlé des pneus.
En Guinée, beaucoup de jeunes vivent des courses en moto-taxi. Ils exigent la réouverture des stations-service pour tous les types de carburant.
D’autres manifestations pour exiger de l’essence ont eu lieu dans la matinée.
Crédit: Lien source


Les commentaires sont fermés.