La technologie au service des sports paralympiques

2011. Championnats du monde d’athlétisme à Daegu en Corée du Sud. Oscar Pistorius est sur liste des participants. Il remporte une médaille d’argent dans le 4X400. Celui que l’on surnomme le Blade Runner, (en référence au film de Ridley Scott sorti en 1982) le coureur aux lames devient le premier athlète amputé et porteur de deux prothèses à prendre le départ d’une grande compétition aux côtés des valides.

Le sprinter sud-africain recommencera l’année suivante aux jeux olympiques de Londres. Demi-finaliste du 400 mètres. Il participe à la finale du relais 4X400 et termine à la 7eme place.

Oscar Pistorius, coureur double amputé d'Afrique du Sud,  lors des Jeux Olympiques de Londres en 2012.
Oscar Pistorius, coureur double amputé d’Afrique du Sud, lors des Jeux Olympiques de Londres en 2012.

© AFP – Olivier Morin

« Ma lame, c’est ma jambe. Je la prends comme si c’était la mienne. C’est le prolongement de mon corps. Elle fait partie de moi. Même si j’ai perdu ma vraie jambe d’avant, celle-ci l’a bien remplacée et elle va la remplacer pour toute ma vie« . C’est le sourire aux lèvres que Milo porte sa prothèse en carbone sur la piste d’athlétisme du CREPS de Bordeaux. Ce jeune lot-et-garonnais a été victime d’un accident agricole. La remorque du tracteur de son père lui a écrasé la jambe. Mais il se reconstruit avec le sport. Il est désormais intégré au centre fédéral handisport de Talence (Gironde) et rêve de participer aux jeux olympiques de Los Angeles en 2028.

Le Français Clement Berthier aux Jeux paralympiques de Tokyo en 2020
Le Français Clement Berthier aux Jeux paralympiques de Tokyo en 2020

© AFP – Kazuhiro Nogi

Depuis les premiers jeux paralympiques de l’histoire (Rome 1960), les athlètes cherchent à optimiser leurs appareillages pour améliorer leurs performances. Les athlètes français voient leur quotidien changer radicalement avec les jeux paralympiques d’hiver d’Albertville en 1992, année de création de la société Chabloz installée à Seyssinet-Pariset (Isère) près de Grenoble. Créée par Pierre Chabloz, l’entreprise aujourd’hui filiale d’un groupe allemand, développe des nouvelles solutions pour offrir plus d’autonomie et de confort à ses patients. C’est en équipant de nombreux sportifs français que ses ingénieurs parviennent à proposer au grand public des prothèses, orthèses et fauteuils adaptés.

Mécatronique, l’avenir des prothèses mêlant mécanique et électronique

Dans son usine de Seyssinet-Pariset, les ingénieurs développent les prothèses de nouvelle génération. Elles sont baptisées prothèses mécatroniques. Elles intègrent des composants électroniques et des éléments mécaniques. Leur poids est allégé avec une structure en carbone. La jambe est pilotée par des microprocesseurs et des programmes informatiques. L’appareil permet d’analyser les mouvements de la marche comme monter un escalier, marcher sur un trottoir en pente ou sur un sentier de randonnée. Son prix peut atteindre la somme de 80 000 euros contre 10 000 pour un modèle « simple » sans articulation fabriqué en carbone.

Jules Revais, responsable innovation chez Ottobock France :

« On travaille de plus en plus avec de l’impression 3D. Nos prototypes sont expérimentés et testés par nos athlètes paralympiques. Et le résultat permet d’équiper des patients pour la vie de tous les jours. Notre souci est d’améliorer le confort et la performance de nos appareils »

A l’approche des jeux paralympiques de Paris 2024, l’Agence nationale du sport a signé un contrat de  partenariat avec Airbus, le constructeur européen leader mondial de l’aéronautique. L’objectif est de profiter de ses moyens et des compétences de ses ingénieurs pour mettre au point des prothèses hyper-performantes et ramener plein de médailles. Christophe Debard, le responsable du Protospace est à l’initiative de ce programme. Près de 55 dossiers d’athlète ont été confiées à son service. 19 sont en cours d’études et des prototypes ont été fabriqués. A l’image du fauteuil du joueur de para-badminton David Toupé ou du champion paralympique de triathlon Alexis Hanquinquant.

Christophe Debard (à gauche) et Alexis Hanquinquant (à droite), dans le ProtoSpace, à Toulouse.
Christophe Debard (à gauche) et Alexis Hanquinquant (à droite), dans le ProtoSpace, à Toulouse.

© Radio France – Guillaume Battin

Alexis Hanquinquant, champion paralympique de triathlon à Tokyo :

« Le milieu paralympique de haut niveau, c’est la recherche de plein de petits détails qui peuvent paraître anecdotiques mais qui ne le sont pas. Donc c’est un beau challenge et c’est hyper excitant. »

Le Reportage de la Rédaction

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