Du Cameroun à propriétaire du camping de Saint-Basile

Ralph Nabong a quitté le Cameroun pour poursuivre ses études au Canada en décembre 2014, alors qu’il n’avait que 21 ans.

Il est débarqué dans la mauvaise ville, s’est fait surprendre par l’hiver et a passé son premier Noël seul dans sa chambre de résidence étudiante…

Aujourd’hui, il est propriétaire de deux commerces à Edmundston, il a fondé une famille et s’est fait remarquer pour ses talents en arts martiaux dans des compétitions canadiennes.

Une voie qu’il n’aurait pas imaginée lorsqu’il est arrivé à Moncton en 2014 après plus d’une journée et demie de voyage depuis son pays d’origine. Il avait été surpris d’apprendre à ce moment-là que son campus ne se trouvait pas Moncton, mais bien dans le nord-ouest de la province.

«C’est donc dans cette optique-là que je prends un autobus vers Edmundston. Il devait faire -25 degrés, raconte-t-il. Les premiers jours ont été aussi difficiles que le voyage lui-même, c’était le temps de Noël. »

Lui qui était très attaché aux traditions de famille durant le temps des Fêtes raconte qu’il a trouvé son 25 décembre pénible dans de sa petite chambre étudiante à distance de ses proches.

Il croit tout de même que la vie fait bien les choses, puisque ce bus qu’il a pris de reculons en direction d’Edmundston le soir de son arrivée l’a conduit directement vers celle qu’il a fini par épouser.

Coup de foudre et relation à distance

Lorsqu’il a croisé Kassandra pour la première fois dans un bar d’Edmundston en 2018, il avait peine à détourner son regard.

«Il faut comprendre que dans ce temps-là à Edmundston il n’y avait pas beaucoup de communautés noires, pas comme c’est le cas aujourd’hui», dit-il.

C’est un de ses amis qui a décidé de prendre les choses en main en les présentant officiellement l’un à l’autre, croyant qu’ils feraient un très beau couple.

«Aujourd’hui on trouve ça drôle cette histoire. Mon ami avait bien raison puisque maintenant on est ensemble et on a un enfant», raconte le jeune entrepreneur.

Lorsqu’ils ont entamé leur relation, Kassandra habitait à Toronto. Elle était souvent de passage à Edmundston pour visiter sa mère et ses proches, d’où sa rencontre avec Ralph, mais il a fallu un moment avant que les amoureux puissent vivre ensemble.

Après deux ans de conversation sur Facetime, ils ont décidé d’unir leurs vies et de se marier. Ils emménagent ensuite à Toronto afin d’entamer leur vie de jeunes époux.

«J’avais toujours eu cette envie d’aller vivre dans les grandes villes, raconte Ralph Nabong. Mais, finalement, la vie de famille qui s’est installée nous a poussés vers le retour à Edmundston.»

Alors que Kassandra et Ralph attendent un enfant, ils prennent la décision de faire une croix sur la ville et de revenir vers Edmundston pour que leur fils puisse grandir dans un endroit stable et confortable.

«Edmundston, c’était la ville adéquate pour se bâtir une très belle famille et élever des enfants dans un cadre sécuritaire et convivial», dit-il.

«C’est une petite ville pleine de ressources, nous avons des proches ici, donc il était difficile même pour moi de lâcher Edmundston pour faire une vie ailleurs.»

Aujourd’hui, il est propriétaire de deux commerces à Edmundston, il a fondé une famille et s’est fait remarquer pour ses talents en arts martiaux dans des compétitions canadiennes. – Gracieuseté

Mêler amour, famille et affaires

«Kassandra et moi, on avait les mêmes ambitions dans la vie. Ça n’a donc pas été difficile de se lancer ensemble en affaires», explique Ralph Nabong.

De retour à Edmundston, les deux jeunes mariés décident d’unir leurs forces et de faire de leurs rêves un projet de couple en achetant leur première entreprise à l’été 2023: le camping de Saint-Basile.

Alors parents d’un bébé de quelques mois seulement, les deux jeunes entrepreneurs ne regrettent en aucun cas leur décision de faire l’acquisition de ce petit joyau naturel. À tel point qu’ils décident, à la fin de la saison estivale, d’ouvrir leur premier restaurant appelé Chez Kajoli, vite devenu populaire dans la région.

«Ce n’est pas toujours facile de travailler en famille, ça peut parfois être compliqué, mais la bonne chose dans ça c’est qu’à la fin de la journée vous restez une famille, vous continuez pour le bien commun et vous avez toujours quelqu’un pour vous appuyer.»

Il raconte qu’ils ont vécu certains défis depuis l’ouverture de leurs entreprises, mais que ces défis permettent de devenir un couple plus soudé. Il dit avoir hâte de voir ce que l’avenir réserve à leur petite famille et de rendre ses parents fiers.

«C’est quelque chose de prestigieux déjà pour un parent africain de faire venir son enfant au Canada pour continuer ses études. C’était important pour mon père, c’est quelqu’un qui a toujours voulu que ses enfants réussissent dans la vie», raconte-t-il.

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