Soupçons de traite d’êtres humains: les autorités espèrent réacheminer lundi les 303 passagers indiens bloqués dans un aéroport de l’est de la France
Un départ rapide des passagers, dont deux sont toujours en garde à vue, est d’autant plus probable que la justice a annulé dimanche, pour trois d’entre eux, la procédure de maintien depuis trois jours dans le hall de l’aéroport. Les douanes ont, dans la foulée, renoncé à la procédure pour les autres passagers.
Retenus sans savoir pourquoi
Il apparaît notamment, selon une ordonnance d’une juge des libertés et de la détention (JLD) consultée par l’AFP, que les passagers ont été retenus plusieurs heures «sans en connaître les motifs» en début de procédure et sans être informés de leurs droits «dans un délai raisonnable», ce qui constitue «une atteinte disproportionnée aux droits de la personne». Plusieurs JLD avaient été mobilisés dimanche pour une opération d’envergure à la veille de Noël au sein d’un bâtiment adjacent à l’aérogare, afin de se prononcer sur le maintien en zone d’attente de ces passagers.
L’Airbus A340, qui faisait la liaison entre Dubaï (Emirats arabes unis) et Managua, capitale du Nicaragua, s’était posé jeudi après-midi à Vatry, à 150 km de Paris, pour faire le plein. Mais cette simple escale technique s’est transformée en longue immobilisation après un «signalement anonyme» selon lequel des passagers étaient «susceptibles d’être victimes de traite des êtres humains» en bande organisée, avait indiqué le parquet de Paris à l’AFP vendredi.
French authorities informed us of a plane w/ 303 people, mostly Indian origin, from Dubai to Nicaragua detained on a technical halt at a French airport. Embassy team has reached & obtained consular access. We are investigating the situation, also ensuring wellbeing of passengers.
— India in France (@IndiaembFrance) December 22, 2023
Selon une source proche du dossier, les passagers indiens, probablement des travailleurs aux Emirats arabes unis, pourraient avoir planifié de se rendre en Amérique centrale afin de tenter ensuite d’entrer illégalement aux Etats-Unis ou au Canada. Parmi eux figurent onze mineurs non accompagnés, selon le parquet de Paris.
«Mauvaises conditions de vie»
L’enquête, menée par la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco), vise à «vérifier si des éléments viendraient corroborer» les soupçons de traite d’êtres humains, selon le parquet. Deux gardes à vue débutées vendredi étaient toujours en cours dimanche, a indiqué le parquet de Paris à l’AFP. Elles visent à «vérifier» si le rôle de ces deux personnes «a pu être différent de celui des autres».
Dix demandes d’asile avaient par ailleurs été déposées samedi en fin d’après-midi, selon une source proche du dossier. Des représentants de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) étaient présents dimanche.
La préfecture de la Marne précise que des lits individuels, des toilettes et des douches ont été installés dans la zone d’attente de l’aéroport et qu’une «zone «famille» , pour assurer l’intimité parent-enfant», a été mise en place. Mais le procureur s’est ému de «problèmes d’exiguïté et de mauvaises conditions de vie» dans cette zone créée par arrêté préfectoral jeudi soir. D’après le site spécialisé Flightradar, Legend Airlines, qui affrétait le vol, est une petite compagnie dont la flotte est composée de quatre avions, dont deux A340-313.
Crédit: Lien source


Les commentaires sont fermés.