Gilets connectés, robots, météo…: comment les sapeurs-pompiers de Monaco préparent le futur grâce à ces nouvelles technologies

Depuis plusieurs années, le Corps des sapeurs-pompiers de Monaco a opéré un virage technologique pour davantage protéger ses combattants du feu et leur faciliter l’intervention sur le terrain.

« Une aide à la décision », comme aime le rappeler le lieutenant-colonel Maxime Yvrard, chef du Corps. De nombreuses expérimentations sont en cours en vue d’acquérir du matériel et des experts ont été sollicités pour affiner certains systèmes ou analyser de futurs risques. Petit tour d’horizon.

Des gilets connectés

Plusieurs gilets connectés, développés par la société suisse Wearin’, sont testés en ce moment même à Monaco. Muni de capteurs et d’une caméra, cet équipement pourrait s’avérer utile aux militaires en contact direct avec le feu, mais aussi à la chaîne de commandement. « Avec les gilets, on sécurise les sapeurs-pompiers en intervention car ils nous permettent de connaître leur position dans un bâtiment mais aussi d’avoir des informations en temps réel sur leur état de santé: fréquences cardiaque et respiratoire, autonomie de la bouteille… », résume le lieutenant-colonel Maxime Yvrard. Si la phase expérimentale s’avère concluante, le Corps pourrait acquérir cet équipement, certes coûteux mais précieux.

Des robots polyvalents

Des robots de diverses marques ont été testés à Monaco. Photo DR.

Autre matériel actuellement testé par les soldats du feu: les robots. On a en mémoire « Colossus », robot extincteur déployé lors de l’incendie monstre qui avait ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris en avril 2019. Là où les pompiers de Paris ne pouvaient s’exposer. « Les robots peuvent nous être utiles de par la structure urbaine de la Principauté, très en souterrain. Le parking des Salines [livré en 2024, N.D.L.R.] aura, par exemple, une quinzaine de niveaux. Si cela chauffe vraiment en profondeur et qu’il faut descendre, on pourra les envoyer en précurseurs, ou en appui devant nous, pour faire tomber la température », poursuit le chef du Corps.

Des robots de différentes marques ont été testés et un appel d’offres devrait être bientôt lancé pour une acquisition fin 2024/début 2025.

« Ils savent tout faire: éteindre, pousser, tracter, sentir, parler, monter et descendre les escaliers. Et ce, grâce à leur lance à incendie pilotable à distance, une caméra, des capteurs de son, des haut-parleurs, des lumières, des capteurs de détection… » Un robot, pesant entre 500 kg et 1 tonne, a récemment été utilisé lors de l’exercice binational avec la France dans le tunnel ferroviaire. D’autres appareils, plus petits et donc plus mobiles, sont aussi étudiés et pourraient intégrer la flotte d’une cinquantaine de véhicules.

Améliorer la prévision météorologique

Pour affiner sa réponse opérationnelle face aux intempéries, courantes à l’automne, le Corps des sapeurs-pompiers de Monaco entend optimiser ses modèles de prévision météorologique. « L’idée est de pouvoir anticiper et détecter, le plus rapidement et précisément possible, les précipitations. Et ce, afin de prendre les dispositions nécessaires avec un peu d’avance », explique-t-il.

Déjà dotée de radars et de modèles mathématiques, la compagnie a recruté un stagiaire de Météo France qui a proposé une interface pour mieux analyser et interpréter les phénomènes météorologiques. « Quand les Alpes-Maritimes passent en alerte rouge, il faut que l’on sache si on est exposé au même risque ou non. En 2023, on a équipé cinq points de la Principauté de radars pour analyser les masses d’air ». Aux casernes de Fontvieille et de la Condamine, à la caserne des carabiniers, au Musée océanographique et une dernière à Saint-Roman.

Anticiper l’arrivée de l’hydrogène

Une stagiaire de l’INSA est chargée d’analyser les risques de l’arrivée de l’hydrogène en Principauté. Objectif: fixer les règles d’utilisation de l’hydrogène et d’implantation des stations en Principauté. « Le risque, s’il est en contact avec de l’air et qu’il y a une étincelle, c’est l’explosion. C’est le même risque que le GPL quand il est arrivé, sauf que la molécule est encore plus volatile et que la plage d’explosivité est plus importante. »

Les sapeurs-pompiers ont réceptionné un nouveau navire destiné à mieux répondre aux feux de bateau. « Il fait 14 tonnes, peut aller à 35 nœuds et possède une puissance hydraulique plus importante. A bord, on dispose d’une lance haute pression perforante capable de traverser la coque d’un navire pour éteindre de l’extérieur », détaille le lieutenant-colonel.

Son système de détection infrarouge permet aussi de visualiser les points chauds sur la coque et rechercher des victimes sur le plan d’eau. Le bateau devrait être baptisé et inauguré en 2024.

Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.