Inutile d’essayer d’évoquer une quelconque revanche, ou même de penser à des retrouvailles. Entre Boulogne-Levallois et Monaco, les chemins ne sont pas seulement séparés après la finale 2023 (3-0 pour Monaco), ils ont pris des directions opposées.
La Roca Team a rejoint sa galaxie d’équipe du top 6 de l’Euroligue, leader en championnat, quand du côté de Boulogne-Levallois, la vie post Wembanyama s’est transformée en rapide dégringolade. Effectif chamboulé, 18es de BetClic, les Métros ont limogé le 22 novembre le successeur du coach Vincent Collet, Laurent Foirest. Jean-Paul Besson, intronisé aux commandes, décrochait le premier succès de la saison de Boulogne-Levallois dès sa prise de fonction (contre Roanne 90-83), mais depuis, la série de défaites a repris son cours (4 d’affilée).
Ce Boulogne-Levallois – Monaco de lendemain de Noël n’est autre que le dernier face au premier, et sauf grosse surprise, on voit mal la Roca Team prendre une bûche ce soir à Marcel-Cerdan. Revenus de Munich samedi (victoire 91-80), Sasa Obradovic et ses hommes ont passé Noël en famille. Ils décolleront pour Paris ce matin, avec retour aussitôt après la rencontre. Il faut déjà préparer la venue de Barcelone le 29 décembre au pied du Rocher, un choc à guichets fermés depuis plus d’une semaine.
MJ très haut
En cette fin d’année, l’heure est au bilan d’une première partie de saison qui a vu la Roca Team pouvoir compter sur un Mike James au zénith. Top scoreur de l’Euroligue (19,8 pts), numéro 1 à l’évaluation (21,1), 9e passeur (4,9), MJ, à 33 ans, n’a jamais paru aussi fort sous la tunique monégasque. En championnat, le natif de l’Oregon est plus dans la gestion, quoique meilleur scoreur aussi de la Roca Team (12,3 pts, 37,5% à 3-pts). Dominant, assagi, décisif, MJ distille son génie sans les coups de grisou du passé. « Je suis en paix avec moi-même. Je sais qui je suis. C’est le meilleur moyen pour continuer dans ce métier, où tout le monde a une opinion sur toi », a confié récemment à l’AFP l’ancien guard de Phœnix et Brooklyn en NBA. « Si tu n’es pas en paix avec toi-même, la tentation de conflit existe. Et je suis heureux de ce que je suis. »
« Si tu ne retiens rien du passé, sans apprendre de tes erreurs, tu n’as rien compris, ajoute MJ. Chaque moment de vie te permet de mieux comprendre le moment présent. Je me sers de mon expérience de vie afin d’offrir une version améliorée de moi. Du moins, une version mise à jour. »
« Ses paroles servent »
La relation teintée de respect entre le coach Sasa Obradovic et son meneur vedette est l’une des composantes de la réussite monégasque. « J’ai eu de très bonnes relations avec la plupart de mes entraîneurs, tient à souligner MJ. Souvent, les gens aiment monter les histoires en épingle. Ici, ma relation avec Sasa (Obradovic) est bonne et saine, dans le dialogue. »
« Coach Sasa attend beaucoup de tout le monde en règle générale. Parfois, tu es dans un mauvais jour, tu n’as pas envie. Il peut y avoir des crispations. Mais il souhaite uniquement le meilleur de toi. Donc le meilleur pour moi, d’une certaine façon. Dans la perspective d’apporter le plus possible. »
La signature à l’ASM du meneur All-Star NBA, Kemba Walker (même s’il ne joue qu’en Euroligue) a aussi sans doute poussé MJ à donner son meilleur. « On a des discussions profondes lui et moi, avoue MJ. Kemba est une star qui a connu tellement de situations, d’entraîneurs, de tactiques. Il a une telle expérience que sa vision et son opinion m’apportent beaucoup. Tôt ou tard, ses paroles servent ».
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À suivre en direct sur Skweek depuis la salle Marcel-Cerdan à Levallois, à 20h.
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