Paris a achevé son retrait militaire du Niger et a fermé son ambassade à Niamey

Les derniers soldats français déployés au Niger ont désormais quitté le pays. Trois mois après l’annonce, le 24 septembre, par le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, du retrait de l’ensemble des troupes déployées dans ce pays sahélien, conformément aux injonctions de la junte arrivée au pouvoir au cœur de l’été, l’armée française a achevé, vendredi 22 décembre au matin, le démantèlement de ses installations sur la base de Niamey, la capitale, à l’issue d’une cérémonie avec l’armée nigérienne. Celui-ci s’est accompagné d’une mesure rarissime : la fermeture de l’ambassade de France dans le pays.

Cette « fermeture de théâtre », comme on désigne ce type d’opération dans le jargon militaire, marque la fin de plus de dix ans de présence française dans la sous-région. Après l’arrêt de l’opération « Barkhane » au Mali, à l’automne 2022, puis la fermeture de la base des forces spéciales à Ouagadougou, au Burkina Faso, le retrait du Niger finalise le démantèlement du dispositif français de lutte contre le terrorisme dans ces trois pays.

Profil bas

Pour les troupes françaises au Niger, c’est la fin d’un pesant huis clos. « Ce n’était pas acquis d’avance, mais nous n’avons eu aucun accident à déplorer », estimait, il y a quelques jours, une source proche du dossier. Tout au long de ces trois mois de désengagement, les Français ont néanmoins eu à traiter avec une junte particulièrement procédurière, inquiète que les militaires français ne tentent de profiter de l’occasion pour la renverser, et demandant à formaliser par écrit l’intégralité des manœuvres (vols d’hélicoptères, heure des convois, transferts d’armement, etc.).

Dans ce contexte tendu, les Français ont dû faire profil bas. S’ils ont pu évacuer une partie de leur matériel par avion, une part conséquente des conteneurs a dû être exfiltrée par voie routière via le Tchad voisin, où la France conserve une présence militaire. Les Nigériens ont fermé leur frontière avec le Bénin, redoutant une offensive armée à leur encontre. Cet itinéraire a obligé les camions français à un détour de quelque 1 700 kilomètres, avant de rejoindre le port de Douala, au Cameroun. « Les Nigériens ont empêché le passage vers le Bénin sous prétexte qu’il faisait partie des pays appliquant le blocus décidé par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest [Cedeao]. En réalité, ils ont fait ça pour nous compliquer la tâche », estime une source diplomatique.

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Quelque 600 véhicules et 1 700 conteneurs ont été exfiltrés de la sorte pour être ramenés en France. Par voie aérienne, 119 rotations ont été nécessaires pour enlever les matériels les plus sensibles. Une partie des vols a été assurée par des Antonov 124 affrétés pour l’occasion. Les militaires français ont aussi pu bénéficier de l’aide de la Suède et du Canada pour une dizaine de rotations.

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