La Côte d’Ivoire souhaite protéger ses 500 derniers éléphants, les Gabonais ont feu vert pour abattre les pachydermes qui les agressent 

Abidjan (© 2023 Afriquinfos)- Deux pays, deux réalités différentes en matière de protection des éléphants. Tandis qu’en Côte d’Ivoire les autorités durcissent le ton en introduisant un projet de loi pour renforcer la protection des pachydermes en voie d’extinction, en terre gabonaise, la donne est toute autre.

Indissociable de la Côte d’Ivoire dont il est l’emblème, on aurait pu penser que l’éléphant courait tous les coins de rue dans le pays, il n’en est rien. De plus de 10 000 individus dans les années 60 puis  3 000 individus dans les années 1970-1980, il n’y en a plus que 500, de nos jours, selon une communication faite par le porte-parole du gouvernement ivoirien lors du Conseil des Ministre du 20 décembre dernier. Amadou Coulibaly a, à cet effet annoncé l’adoption d’un projet de loi relatif à la protection des éléphants en Côte d’Ivoire.

Selon la note officielle, ce texte traduit la volonté des autorités ivoiriennes de protéger durablement l’éléphant, espèce faunique menacée d’extinction dans le pays en raison, notamment, du braconnage et de la destruction de son habitat naturel. Cette disposition prévoit, à cet effet, des sanctuaires d’éléphants constitués de réserves naturelles, de forêts classées et de parcs nationaux. Elle inclut également la création de centres d’informations sur les éléphants, l’enseignement des protections d’éléphants dans les programmes scolaires et la mise en place de compensations financières pour les dommages causés par les éléphants.

Par ces mesures, le gouvernement entend inverser la tendance de la disparition des éléphants et garantir la survie de cette espèce à fortes valeurs symbolique et culturelle du pays. Selon le ministère des Eaux et Forêts, qui pilote le projet, deux sites pourraient être préconisés pour la création de sanctuaires d’éléphants. L’un devrait se situer en zone de savane, dans le nord du pays, et l’autre en zone forestière, au centre ou à l’est du territoire.

Autre pays, autre ambiance. On est cette fois-ci en Afrique Centrale, au Gabon. Si le pays est considéré comme le ‘’paradis des éléphants’’ avec près de 95 000 éléphants, sur les 415 000 individus que compte le continent, ce n’est pas sans répercussions. D’autres chiffres estiment que le nombre des pachydermes a presque triplé en vingt ans et pourrait désormais atteindre 130 000. Aussi, la cohabitation entre les populations rurales et les grands mammifères, devient de plus en plus difficile. Dans la région Sud notamment, les éléphants font régulièrement des raids sur les récoltes, causant d’énormes pertes aux agriculteurs.

Pour les nouvelles autorités gabonaises, l’une des solutions à ce conflit homme-éléphant, a été d’autoriser la chasse aux éléphants. Le Général Brice Oligui Nguema en tournée dans le pays au début du mois de décembre, en a fait l’annonce officielle. Pour le plus grand plaisir des populations rurales, mais au grand dam des associations de protection des animaux. « Nous devons nous attaquer aux problèmes causés par les conflits entre les hommes et les éléphants. Les tuer n’est pas une solution. C’est archaïque comme moyen de protection de la faune. Ça manque d’imagination », soutient Quevain Makaya, coordinateur de l’ONG Conservation Justice. En attendant que d’autres solutions soient trouvées, les populations s’en donnent à cœur joie, avec des abattages d’éléphants des fois, aux fins de consommation.

Et si un projet de relocalisation germait entre Abidjan et Libreville ? Les éléphants en surnombre au Gabon, ne pourraient-ils pas être relocalisés en Côte d’Ivoire ?

Boniface T.

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