quand la nature inspire la technologie

À l’occasion de cet épisode du « Meilleur des Mondes », François Saltiel s’entretient avec James Bridle, écrivain et plasticien britannique, auteur de l’essai Toutes les intelligences du monde – Animaux, plantes et machines, paru aux éditions du Seuil.

Une émission en partenariat avec Numerama. Retrouvez chaque semaine les chroniques de Marie Turcan et Marcus Dupont-Besnard.

Nature et machines : appréhender le monde non-humain

L’écrivain James Bridle invite à reconsidérer la diversité des intelligences à l’ère du numérique et des nouvelles technologies. Pour lui, l’erreur humaine est de vouloir toujours mettre en exergue sa propre intelligence au détriment de beaucoup d’autres, présentes dans la nature, à l’instar des intelligences artificielles, calquées sur la manière dont le cerveau humain fonctionne : « Les ordinateurs sont créés pour être intelligents comme les êtres humains, parce que c’est ça qu’on croit être l’intelligence. Alors qu’il y a d’autres façons de penser ; il y a tellement d’exemples merveilleux dans le monde de la nature, qu’on ne comprend pas complètement. », précise-t-il.

Le terme « Umwelt », qui signifie littéralement « environnement » en allemand, est essentiel à l’appréhension des intelligences pour James Bridle. En effet, le terme désigne les connaissances et les perceptions d’un organisme donné. Il s’intéresse même à celle de son véhicule : « Avec la voiture autonome, c’était intéressant de savoir quel est son « Umwelt ». J’ai compris qu’il y avait quelque chose qu’on partageait, qui est le système de signaux routiers, de panneaux routiers. Donc c’est un espace commun. », explique l’écrivain. Il faut ainsi s’ouvrir aux autres « Umwelt » pour voir les mondes humains et non-humain s’enchevêtrer : « Ça inspire le désir de coopération plutôt que d’essayer de dominer les animaux et les machines. », souligne James Bridle.

Ce qui nous arrive sur la toile

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La technologie pour nous reconnecter à la nature

L’ère de la technologie actuelle peut également être mieux comprise lorsqu’elle est comparée à des phénomènes naturels, ce que démontre James Bridle : « Avec le Wood Wide Web, ces réseaux forestiers, je suis fasciné par la façon dont les humains comprennent le monde autour d’eux. Ça a pris des décennies de travail pour tenter de formuler ces idées de manière scientifique, cette réalisation que les arbres communiquaient sous terre, entre eux, pour partager par exemple des nutriments ou des avertissements grâce à ces réseaux. Cette idée de connexions, de partage, c’est une métaphore extrêmement puissante dans la technologie. »

Inversement, l’étude des migrations d’oiseaux, des comportements de certaines espèces, permet également de mieux comprendre la nature. « Des scientifiques ont regardé quel était le comportement des chiens, des chats, des vaches, et leurs réactions aux tremblements de terre. En analysant les données, ils pouvaient mieux prédire les séismes qu’aucune autre méthode utilisée précédemment. », analyse James Bridle. Il pousse même son raisonnement plus loin : « La technologie nous aide à préserver la nature, nous aide parfois à mieux la comprendre. En partant de cela, de ces technologies que nous avons créées, c’est un monde entier qui s’ouvre et qui offre une forme d’humilité à l’homme. »

Pour aller plus loin, découvrez Les Nouvelles d’un Monde Meilleur de Juliette Devaux, toute l’actualité de la semaine qui éclaire le monde de la tech.

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