Plusieurs milliers de personnes ont manifesté, dimanche 20 août au matin, dans le centre-ville de Niamey, en soutien aux militaires qui ont pris le pouvoir le 26 juillet au Niger. Les nouvelles autorités militaires ont annoncé, samedi, vouloir commencer une période de transition de trois ans maximum.
Les slogans « Non aux sanctions », « A bas la France ! », « Halte à l’intervention militaire ! », ont été lus sur la place de la Concertation de la capitale, comme pendant des précédentes manifestations favorables au nouveau régime, selon des journalistes de l’Agence France-Presse présents sur place.
Cette manifestation s’est tenue au lendemain d’un discours télévisé du nouvel homme fort du Niger, le général Abdourahamane Tiani, qui a renversé le président élu, Mohamed Bazoum, lors d’un coup d’Etat le 26 juillet. Dans cette allocution, il a esquissé un premier calendrier de transition de trois ans maximum, annonçant le lancement d’un dialogue national.
Menace de la Cedeao
Plus tôt dans la journée, Abdourahamane Tiani avait rencontré une délégation de la Cedeao conduite par l’ancien président nigérian Abdulsalami Abubakar, venue négocier une sortie de crise. Contrairement à une précédente médiation ouest-africaine, au début d’août, cette fois les émissaires ont donc pu échanger avec le général Tiani, mais aussi rencontrer Mohamed Bazoum, retenu prisonnier depuis le coup d’Etat.
« Il y a de l’espoir, pas de doute », a déclaré M. Abubakar, estimant que la visite de la délégation a permis de « trouver une clé pour poursuivre les pourparlers jusqu’au dénouement de cette difficile affaire ».
La Cedeao exige le rétablissement dans ses fonctions de M. Bazoum et sa libération immédiate. L’organisation ouest-africaine, qui a pris de lourdes sanctions économiques contre le Niger depuis le 30 juillet, menace d’utiliser la force si elle n’obtient pas gain de cause. Vendredi soir, après une réunion de ses chefs d’état-major à Accra au Ghana. L’organisation régionale a même fait savoir que le « jour de l’intervention a été fixé ».
Les militaires au pouvoir à Niamey, qui assurent avoir le soutien de la population, ont mis en garde les pays étrangers contre toute intervention armée. « Si une agression devait être entreprise contre nous, elle ne sera pas la promenade de santé à laquelle certains croient », a affirmé samedi soir dans un discours télévisé, le général Abdourahamane Tiani, le nouvel homme fort du pays.
Dimanche au Vatican, le pape François a appelé à une « solution pacifique le plus tôt possible », disant se joindre « à l’appel des évêques en faveur de la paix dans le pays et de la stabilité au Sahel ». La veille, l’Algérie, qui partage une longue frontière avec le Niger, avait fait de même.
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