Les jeunes humoristes sénégalais se hissent sur le devant de la scène nationale

« On ne peut pas rire de tout au Sénégal. Tu ne dois pas toucher à la religion. La politique est aussi un sujet sensible« , explique Babacar Camara, dit Abba No Stress, une des grandes figures du stand-up au Sénégal. Il a lancé en 2015 le « Abba Show », un spectacle en salle organisé tous les trois mois et devenu un rendez-vous immanquable pour de nombreux Dakarois. L’objectif est de révéler de jeunes talents, mais aussi de faire rayonner l’humour sénégalais partout dans le monde, dit-il.

Pour y parvenir, Abba dit avoir conscience qu’ils doivent, outre le wolof, langue locale dans laquelle la majorité d’entre eux se produisent, apprendre à évoluer aussi en français pour s’ouvrir à l’international. En attendant, certains brillent sur la scène nationale. Moustapha Niang, alias Toch, une des révélations du « Abba Show », a changé de vie depuis qu’il s’est lancé dans le métier en 2020. Autrefois tapissier, il est désormais courtisé par les chaînes de télé et les séries sénégalaises. Son nombre d’abonnés sur les réseaux sociaux a explosé, atteignant près d’un million sur Instagram, et avec lui, sa notoriété.

Idem pour Mame Balla Mbow, 33 ans, suivi par des centaines de milliers de personnes et révélé par de courtes vidéos diffusées sur Internet. Il confie à l’AFP que le chemin vers le succès n’a pas été facile.

« Beaucoup me considéraient comme un clown, une personne sans ambition au départ. Même ma propre famille me critiquait« , raconte cet ancien étudiant en droit qui voulait devenir responsable administratif. Aujourd’hui, il est l’un des humoristes les plus célèbres du pays. Dans la capitale, son visage trône sur des panneaux publicitaires. Sur internet, des vidéos sponsorisées par l’opérateur de téléphonie mobile Orange font le buzz. Les marques se l’arrachent.

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