Cotonou (© 2024 Afriquinfos)- Depuis avril 2023, le chef de l’Etat béninois Patrice Talon a procédé à la mise en place d’un comité chargé de la mise en œuvre des infrastructures de contre-mobilité sur les pistes frontalières non autorisées. Les voies d’accès entre le Bénin et le Togo sont notamment visées par ce comité dont les travaux ont conduit à la mise en place d’infrastructures de contre-mobilité. Au terme de sa mission, il s’agira de fermer toutes les voies non autorisées et retenir les voies ou pistes frontalières à autoriser pour la circulation. Suite aux grincements de dents provoqués chez les usagers par l’initiative, Patrice Talon s’en est expliqué lors de son entretien du 23 décembre dernier avec des médias nationaux.
Les journalistes qui ont interviewé le Chef de l’Etat béninois le 23 décembre dernier, ont évoqué le libéralisme économique et la libre circulation des biens et des personnes, pour expliquer les ressentiments des usagers, suite à la mise en place d’infrastructures de contre-mobilité aux frontières ouest du pays. Pour Patrice Talon, les réactions de ses concitoyens sont incompréhensibles. ‘’Là, je ne vous comprends pas’’ a d’abord répondu Patrice Talon à ses intervieweurs, avant de poursuivre : ‘’Nous avons érigé des infrastructures de contre-mobilité aux sorties anarchiques des frontières du Bénin. En quoi cela est contraire à la libre circulation des personnes et des biens ? Tous les pays du monde contrôlent leurs frontières. Vous savez, la Belgique et la France sont deux pays voisins. Ils sont membres de l’Union européenne. Ils ont une intégration régionale aboutie où il y a une véritable circulation des personnes et des biens. Malgré cela, les voies qui relient la Belgique et la France sont des voies connues. Si vous y allez, vous verrez qu’il y a des postes de police, de douane, même s’ils n’arrêtent personne, mais ils sont là. Le jour où il y a un problème, on sait ce qui s’est passé, on peut fermer et faire des contrôles et consorts’’ a-t-il expliqué.
Le numéro 1 béninois poursuit ses explications : ‘’ Donc tous les pays ont une idée très claire des voies par lesquelles on quitte un territoire pour aller dans un autre territoire, même s’il y a libre échange entre les pays. Au Bénin, chacun se lève et ouvre la voie qu’il veut. Il y a des centaines de milliers de voies qui relient le Bénin avec le Togo, le Nigeria. Heureusement, au Niger, il y a le fleuve. Le Burkina. Il y a des milliers de voies de sorte que rien ne tient. Alors nous avons dit il faut fermer ces voies et avoir les voies dédiées entre le Bénin et le Togo. S’il faut dix voies dédiées, s’il faut 20, s’il faut cinq voies dédiées, nous discutons avec les maires, les responsables à divers niveaux, pour dire : « Dans cette localité, quelles sont les voies qu’on va dédier à la circulation entre le Togo et le Bénin ? ». Nous avons choisi, avec les élus locaux, les voies qui doivent être dédiées aux échanges entre le Bénin et le Togo. Bientôt le Bénin-Nigeria, le Bénin et le Burkina. Le reste, qui ne sont pas donc des voies recensées comme voies dédiées, il faut les fermer ‘’ martèle Patrice Talon.
Les autorités béninoises ont décidé de la mise en place de ces infrastructures de contre-mobilité pour lutter contre la fraude douanière, la contrebande, l’insécurité et la sortie frauduleuse des produits agricoles par voies terrestres. Le comité dédié à cette tâche, a pour mission de retenir les voies ou pistes frontalières à autoriser pour la circulation ; de conduire et de mettre en œuvre des solutions de contre-mobilité sur toutes les autres pistes non autorisées ; et de mettre en place un mécanisme de contrôle et de surveillance des itinéraires frontaliers non autorisés concourant à la fraude et à l’insécurité.
Boniface T.
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