Russie, États-Unis, Sénégal… Quatre milliards de personnes appelées aux urnes en 2024

2024 sera une année électorale record : des élections nationales doivent se tenir dans 77 pays, soit un tiers des États de la planète. Royaume-Uni, Mexique, Venezuela, Algérie, Inde, Sénégal, Afrique du Sud, Russie, États-Unis… Quatre milliards de personnes, soit plus de la moitié de la population mondiale, vivent dans des pays convoqués aux urnes cette année.

Trente-huit pays éliront ainsi leur président en 2024 et 39 voteront lors d’élections législatives. Un chiffre inédit, même si certains scrutins, comme celui organisé en Russie, ne seront ni transparents ni démocratiques. Tour d’horizon.

À Taïwan, présidentielle et législatives face à la Chine

Si le Bangladesh a ouvert le bal dimanche 7 janvier, lors d’élections législatives boycottées par l’opposition, c’est vers Taïwan qu’il faut maintenant regarder. Les habitants de l’archipel voteront le 13 janvier pour des élections présidentielle et législatives dont le résultat risque d’être déterminant. Le parti de l’actuelle présidente va tenter de conserver le pouvoir face à une opposition constituée de deux partis jugés plus proches de Pékin. Les tensions sont au plus haut, Xi Jinping ne cachant plus ses préparatifs militaires en vue d’une éventuelle invasion.

Le Sénégal aux urnes en février

Les Sénégalais voteront, eux aussi, le 25 février pour élire le successeur du président Macky Sall, qui a renoncé à briguer un troisième mandat en juillet dernier et a désigné son Premier ministre, Amadou Ba, comme candidat.
Les pronostics sont ouverts et les candidats, nombreux. La validité de la candidature d’Ousmane Sonko reste en suspens. Arrivé troisième à la présidentielle de 2019 et populaire parmi la jeunesse, l’opposant est actuellement emprisonné pour « corruption de la jeunesse » et « atteinte à la sécurité de l’État ». Il dénonce un « complot » pour l’empêcher de se présenter.
En tout, dix pays africains doivent se prononcer lors d’élections nationales cette année.

Une élection sans suspense en Russie

Bien plus prévisibles, les élections russes se tiendront entre le 15 et le 17 mars prochain. Vladimir Poutine se présente pour un cinquième mandat, qui devrait lui permettre de rester au pouvoir jusqu’en 2030. Face à une réélection qui semble inéluctable, l’essentiel de l’opposition étant en prison, la fondation anticorruption d’Alexeï Navalny, emprisonné en Sibérie, appelle les Russes à voter pour « n’importe qui d’autre » que Vladimir Poutine. Le taux de participation sera également un marqueur essentiel.

En Inde, une victoire annoncée pour Narendra Modi ?

Longtemps qualifiée de « plus grande démocratie du monde », l’Inde, avec 1,4 milliard d’habitants, est convoquée aux urnes au printemps prochain pour renouveler la Lok Sabha, la chambre basse du Parlement national indien. Le Bharatiya Janata Party (BJP), parti du Premier ministre nationaliste hindou Narendra Modi, au pouvoir depuis 2014, fait figure de grand favori.
L’opposition, jusqu’ici divisée en une vingtaine de formations, s’est unie cet été autour de l’historique parti du Congrès en une alliance inédite baptisée India. L’élection se déroule dans un contexte de régression des droits politiques et des libertés civiles.

Des élections européennes en juin

Alors que l’extrême droite a le vent en poupe dans plusieurs pays de l’Union, les 400 millions d’habitants des 27 États membres sont appelés à voter en juin, lors du plus grand scrutin transnational au monde, pour élire leurs 720 eurodéputés.
Les scores du groupe Identité et démocratie, qui rassemble notamment le Rassemblement national, la Lega italienne et l’AfD allemande, et de celui des Conservateurs et réformistes européens (Fratelli d’Italia, le parti de la Première ministre italienne Giorgia Meloni, et des pays de l’Est, dont le PiS polonais) seront particulièrement regardés.
La montée en puissance des droites et extrêmes droites eurosceptiques dans l’hémicycle pourrait largement compliquer la gouvernance de l’Union.

Au Mexique, une femme présidente

Chacun des deux principaux partis du pays a choisi une candidate pour la présidentielle qui déterminera en juin le successeur de l’actuel président Andres Manuel Obrador. Un symbole important au Mexique, où des milliers de féminicides sont commis chaque année.

Un nouveau duel Trump-Biden aux États-Unis le 5 novembre ?

Si rien n’est officiellement joué avec les primaires démocrates et républicaines, tout porte à croire que l’élection américaine de novembre prochain sera l’occasion d’un nouveau duel entre le président sortant Joe Biden et l’ancien président Donald Trump.
L’hypothèse de la réélection de Donald Trump, devenue crédible malgré ses 91 inculpations, agite d’ores et déjà un pays coupé en deux et pourrait avoir de lourdes conséquences géopolitiques, notamment sur l’aide apportée à l’Ukraine.

dmp

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