La « musique » du kid de Glasgow

La taille haute et mince, la blancheur poudrée de la sagesse dans les cheveux, les yeux bleus profonds des Loch, Mark Mulholland a le sourire de l’insouciance, de l’enfance, des copains de Glasgow… 54 ans plus tard, rien n’a changé dans le regard, ça pétille comme une Guiness, ça pique comme un chardon et résonne comme la harpe des vents, avec les souffles de vie et les harmonies d’ailleurs…
« Mon père est écossais, ma mère est irlandaise ». Un mélange détonnant, qui, good year, bad year, va le pousser à faire des études de philo et … de français à l’université d’Edimbourgh. Côté musique, vous le croirez ou non, il a commencé par la trompette. Une première gamme qui s’est arrêté au do mineur. A 15 ans, « la gratte le démange », Mark s’achète une guitare. « Great my son ! », sa mère (genre, j’écoute du classique) le confie à une amie professeur de guitare, très, très impliquée dans la foi et la messe. « Je me souviens de deux choses. Il fallait avoir une position réglementaire pour jouer, la jambe croisée sur l’autre, en se tordant dans tout les sens. Et surtout, il fallait que j’arrête d’écouter de la « musique du diable » sinon j’allais finir en enfer ! » Rires écossais. En effet, Mark osait écouter les Rolling Stones, Led Zeppelin et d’autres saintes horreurs. Bon, au final, une seule et unique leçon.

Son père entre ensuite dans le game et lui présente Dave Wilson, musicien de jazz, qui lui apprend les premiers accords diaboliques à grand renfort d’Hendrix. Forcément, Mark est bon élève. De partitions en partitions, la guitare prend de plus en plus des allures familières. Un an après, le kid de Glasgow part avec sa guitare et son groupe de rock psyché Purple Wizard Expérience à l’assaut de l’école de la rue, en bourlinguant de bars en bars, de trottoirs en trottoirs en Ecosse et en Allemagne. « La rue, c’est un bon jury. Si personne ne te prête attention, c’est mauvais. Si on s’arrête, c’est que c’est bon ! »

Après le bitume continental, Mark et les siens écument la scène underground de Glasgow. Il prend ensuite du recul à Grenoble pour terminer ses études de philo, approfondissant le concept “Fac and guitare”. Mark, Tony, Joe et Banger deviennent Les Indésirables, nouveau nom de groupe trouvé avec la complicité de la police grenobloise qui les adore… 

Le début des nineties bat la mesure des tournées bardesques où les scottisch troubadours s’égosillent à Amsterdam, Berlin et Prague où le soleil rouge disparaît. « Il y avait énormément de musiciens, d’artistes. Beaucoup de rencontres, de créativité. On gagnait bien notre vie dans la rue et la pinte n’était pas chère ! », se souvient Mark.

Recevez par mail notre newsletter loisirs et retrouvez les idées de sorties et d’activités dans votre région.

NL {« path »: »mini-inscription », »id »: »JC_Loisirs », »accessCode »: »14134893″, »allowGCS »: »true », »bodyClass »: »ripo_generic », »contextLevel »: »KEEP_ALL », »filterMotsCles »: »2|12|54|55|17093″, »gabarit »: »generic », »hasEssentiel »: »true », »idArticle »: »4134893″, »idArticlesList »: »4134893″, »idDepartement »: »277″, »idZone »: »27493″, »motsCles »: »2|12|54|55|17093″, »premium »: »false », »pubs »: »banniere_haute|article|article2|article3″, »site »: »JC », »sousDomaine »: »www », »urlTitle »: »la-musique-du-kid-de-glasgow »}

1996, Berlin. Le camion tombe en panne, Mark devait y rester trois semaines, il y est resté 14 ans ! 

L’air de l’Irlande le rappelle. Retour aux sources avec achat de matériel, compositions, nouveau répertoire :  Impure Thoughts était né. Direction l’Europe à bord d’une camionnette. « Fini le stop sur les routes, on était motorisé et on allait là où des potes avaient un canapé… », confie le chanteur. 1996, Berlin. Le camion tombe en panne, Mark devait y rester trois semaines, il y est resté 14 ans ! 
Une époque berlinoise pleine de travail mais aussi d’amour… Entre sa librairie d’occasion qui organise des café lecture et des concerts, sa vie de musicien avec avec son groupe Impure Thoughts et son alter ego accoustique Two Dollar Bash, il rencontre Corinne, alors directrice du bureau export de la musique française. Au départ, leur rencontre tient plus de l’orage que du coup de foudre mais le beau temps reviendra pour briller encore aujourd’hui. La vie du couple s’organise entre les mutations de Corinne à Londres puis à Paris et les tournées de Mark en Europe et aux USA.

Séjour à Port-au-Prince, Bamako puis Maputo…

« Au bout de 14 ans, je tournais en rond, j’avais besoin de me renouveler. Quand Corinne a été muté en 2010 à l’Institut français d’Haïti, j’ai mis une demie seconde à me décider de la suivre ! », s’enthousiasme-t-il.

Changement de décor absolu dans un pays dévasté par le tremblement de terre. Mark partage son temps entre la formation d’équipes techniques et de coordination dans un studio d’enregistrement et des projets musicaux avec des artistes locaux. « J’ai notammentcollaboré avec le grand poète Frankétienne, mettant en musique ses textes. Avec le super batteur Tony Allen, les percusionnistes Herold Josué, Samba Zao et le musicien electro Olaf Hund. On a sorti un album The Afro-Haitian Experimetal Orchestra, un mélange d’Afrobeat, de psychedelic, de vaudou… »

2014, cap sur l’Institut français de Bamako. « J’ai eu la chance de rencontrer des musiciens fabuleux comme Toumani Diabaté, Cheik Tidiane Seck, Afel Bocoum, Habib Koité. Grâce à eux, j’ai pu métisser les genres musicaux et élargir mon répertoire », dévoile-t-il. À la clé, un nouveau groupe Alba Griot Ensemble magnifiant les mélodies celtiques et mandingues. Mark organisera trois éditions du Festival acoustique de Bamako et deviendra producteur à part entière, créant sa boîte de production Ports of Call Music.

De retour en France en 2018, il travaille sur son nouvel album Revolutions Go in Circles fraîchement sorti. Après quelques dates de concert près de chez nous, Mark partira vers de nouveles aventures africaines entre Mozambique et Niger… Une autre histoire qui commence.

Frédéric Dumaillet

CONCERTS :
LA CHARITÉ-SUR-LOIRE : COM chez nous, 27 mai, 20 heures – L’antre Pot’s, 5 juin, 17 h 30 – SANCERRE : La Charcuterie, 28 mai, 19 heures – SAINT-BOUIZE : L’Escale, 17 juin, 19 heures

 

Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.