Les Parquets de Basse-Terre et de Pointe-à-Pître s’expriment ensemble sur le décès du trentenaire lors de l’intervention des gendarmes à Goyave
Au cours d’une conférence de presse tenue communément ce mercredi après-midi, les procureurs de la République de Basse-Terre et de Pointe-à-Pître ont souhaité s’exprimer en toute transparence devant la presse. Dès mardi, ils avaient indiqué que, compte tenu de la nature criminelle des enquêtes qui vont être menées dans le cadre de cette affaire, elle est désormais suivie par le Pôle criminel du Parquet de Pointe-à-Pître
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L’affaire est sensible et, depuis son occurrence, rien n’a été laissé au hasard. Dès ce mardi, et alors que les évènements venaient de se passer à Goyave, Xavier Sicot, le procureur de la République de Basse-Terre s’était personnellement rendu sur les lieux. Il a immédiatement rencontré la famille de l’homme abattu par le tir des gendarmes et a fait preuve d’attention lors du départ du corps vers l’institut médico-légal pour qu’il soit procédé à son autopsie.
Autant de précautions pour éviter tout amalgame avec d’autres affaires. Xavier Picot et Caroline Calbo se sont attachés à présenter les faits tels qu’ils sont connus pour l’heure.
Au départ, il s’agit d’une rixe qui commence à la résidence Férée à Goyave à 7h10 ce mardi 9 janvier 2024. L’homme âgé de 39 ans, connu pour son état de schizophrène mais en rupture de traitement, se présente armé de deux coutelas chez ses voisins, un couple de nonagénaires. Les deux fils des voisins interviennent alors. L’homme s’en prend alors à eux. Il blesse le premier à la gorge et le second au pouce.
Appelés sur place, les gendarmes arrivent à 7h50. Entre temps, l’homme s’est enfui dans la végétation à proximité.
Les deux gendarmes le repèrent et se dirigent vers lui. Le premier gendarme met immédiatement en route la caméra « piéton » qui filmera tous les moments de l’intervention. Le second gendarme interpelle le fugitif. Mais ce dernier repart et fonce sur le premier gendarme.
Ce dernier lui fait alors les sommations d’usage en reculant. L’homme continue de foncer sur lui. Le gendarme tombe. L’homme armé d’un coutelas tente de lui porter un coup. C’est à ce moment-là que le gendarme tire plusieurs coups de feu ; l’homme s’écroule devant le militaire.
Comme le veut le règlement, le gendarme a dû rendre son arme et a été placé en garde à vue durant la journée. Après le visionnage des images de la caméra piéton, il a été relâché.
Sans tarder, le Parquet de Basse-Terre avait annoncé mardi que deux enquêtes distinctes allaient être menées en flagrance pour déterminer à la fois les circonstances du décès de l’homme et aussi le contexte de tout ce qui a précédé ce fait.
Il s’agit donc d’une enquête confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Pointe-à-Pître et à la brigade des recherches de Saint Claude, pour tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique et violence avec arme ayant entraîné une incapacité de travail inférieure ou égale à 8 jours. Cette enquête doit permettre de déterminer les faits et gestes du défunt avant l’intervention des gendarmes et les circonstances précises de cette intervention.
La seconde enquête, confiée au bureau des enquêtes judiciaires de l’inspection générale de la gendarmerie nationale et à la section, de recherches de la gendarmerie de Pointe-à-Pître pour violence par une personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Une enquête qui cette fois, doit permettre de déterminer les circonstances de l’usage de l’arme du gendarme.
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