Pour obtenir les budgets de réduction de la dette technique, mieux vaut parler risque business que technologie

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Pour obtenir les budgets de rduction de la dette technique, les DSI doivent parler risques et stratgie business avec les DAF, plutt que technologie. (Photo Pixabay/Jarmoluk)


Pour obtenir des DAF le financement de la rduction de la dette technique des infrastructures, les DSI doivent parler risques et enjeux conomiques plutt que technologie.

PublicitLa mise niveau de l’infrastructure IT est dsormais directement associe la question de la dette technique. Celle-ci fait concerne ce qui s’accumule lorsque les quipes informatiques rpondent en priorit aux demandes prsentes, plutt que d’anticiper les futurs besoins de performance. Cela inclut la maintenance et les mises niveau repousses plus tard au profit d’autres projets ou priorits. Ce qui peut entraner des cots futurs levs lorsque les mises jour ne pourront plus tre vites, en particulier lorsqu’une solution arrive en fin de vie.

Nombre d’entreprises continuent par exemple d’utiliser Windows Server 2012 dont Microsoft avait pourtant fix la fin de vie octobre 2023. La raison ? Elles prfrent repousser leurs investissements ou n’ont pas les moyens d’une mise jour. Et il existe une myriade d’autres systmes ainsi maintenus sous assistance respiratoire. Les entreprises tardent les remplacer, ce qui entrane pourtant des interruptions de service et la ncessit permanente de fastidieux correctifs qui consomment des ressources et continuent d’alourdir la dette technique.

L’infrastructure, un actif physique comme les autres

Ce type de dcision fait, intentionnellement ou non, augmenter la dette technique. Mais il faut aussi blmer la faon dont celle-ci est prsente par la DSI aux quipes finance. Or, pour rduire l’impact du vieillissement de l’infrastructure, mieux vaut budgtiser les investissements ncessaires que de les grer comme de simples mises jour. Prenons l’exemple d’un btiment scolaire contenant de l’amiante. Pour remdier la situation, l’tablissement doit trouver des fonds et prvoir un budget pour moderniser l’cole ou en trouver une autre. Sur le plan financier et en matire de gestion des risques, le btiment devient un actif inutile et dangereux dont il faut se dbarrasser. Considrer l’infrastructure informatique comme n’importe quel autre actif physique dont la maintenance devient un certain moment trop coteuse ou dangereuse facilite l’obtention des budgets ncessaires. La direction gnrale ou la DAF considrent alors, en effet, qu’elle reprsente un risque pour l’organisation.

Mais aujourd’hui, ce n’est pas ainsi que les dirigeants regardent l’infrastructure IT vieillissante. Et ce, principalement cause de la DSI elle-mme. Cette dernire prsente en effet depuis longtemps ses demandes de mise niveau de matriel et de logiciel dans des lignes budgtaires distinctes, avec des argumentaires techniques qui, de plus, parlent rarement aux DAF. Pour ne plus se voir refuser des budgets d’investissement centrs sur la rduction de la dette technique, la DSI doit privilgier des justifications lies au risque encouru et la stratgie business.

Par exemple, plutt que de demander l’upgrade d’un serveur ddi aux ventes parce que son processeur sature, mieux vaut parler de la perte de chiffre d’affaires rsultante. La machine ne pouvant plus suivre la croissance du volume des ventes et ratant ainsi un millier de transactions par minute. Autre situation, plutt que de demander des investissements dans une approche zro trust, les DSI peuvent expliquer comment la stratgie de dcentralisation engendre une plus grande vulnrabilit au niveau des points d’accs. Celle-ci exposant l’entreprise des violations de scurit qui menacent la fois ses revenus et sa rputation, et qui conduiront galement des augmentations des primes de responsabilit civile et cyber. Et, argument dfinitif s’il en est, selon un rapport 2022 de McKinsey, le chiffre d’affaires des structures qui s’occupent srieusement de leur dette technique pourrait mme augmenter de 20% de plus que les autres.

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