École : la ministre justifie le choix du privé pour ses enfants, « un fossé se creuse » pour les syndicats
Lors de son déplacement ce vendredi dans le collège Saint-Exupéry d’Andrésy dans les Yvelines, Amélie Oudéa-Castéra, fraîchement nommée au poste de ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse, des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques, a été interpellée sur la scolarisation de ses trois enfants à Stanislas. Cette prestigieuse école privée du 6ᵉ arrondissement de Paris, le collège et lycée Stanislas, a été accusée de promouvoir des idées « ultra-conservatrices » dans une enquête de Mediapart.
Le média d’investigation Mediapart accuse l’établissement, considéré comme l’un des meilleurs lycées de France, d’employer des professeurs qui « assimilent l’avortement à un meurtre et condamnent l’homosexualité ».
La « frustration » de voir des « paquets d’heures pas sérieusement remplacées » dans le public l’a poussée à faire ce choix
Amélie Oudéa-Castéra a justifié ce choix, en rappelant que son aîné a d’abord été scolarisé dans le public. Mais « la frustration » de voir « des paquets d’heures pas sérieusement remplacées » l’ont poussée, « comme des centaines de milliers de familles » à aller « chercher une solution différente ». Elle et son mari ont donc fait le choix de la « proximité » en scolarisant leurs enfants à Stanislas, qui est située « dans leur rue ».
Elle a terminé sa réponse en rappelant « qu’avant de stigmatiser le choix des parents d’élèves, il est important de rappeler que l’école, c’est celle de la République et que la République travaille avec tout le monde ».
« Dès son premier jour, un fossé se creuse »
« Dès son premier jour, un fossé se creuse entre la ministre et les professeurs de l’enseignement public », assure ce vendredi soir sur franceinfo la secrétaire générale du syndicat Snes-FSU. « Ce sont des propos provocateurs et scandaleux qui montrent certainement les limites d’une ministre, qui dès sa première sortie, réussi l’exploit de marquer un but contre son camp », a estimé Sophie Vénétitay. « Elle a tout simplement jeté le discrédit sur l’école publique alors même qu’elle en est la ministre ».
« Dès le premier jour, pointer du doigt ce qui n’est pas bien fait dans l’école publique, alors même que la responsabilité des dysfonctionnements revient à la politique d’Emmanuel Macron, c’est un sacré exploit », a-t-elle ajouté, expliquant que « ces propos mettent le feu ». « Elle laisse entendre que les enseignants de l’école publique sont incapables d’assurer les remplacements, mais s’ils ne peuvent pas se faire, c’est parce qu’il y a des milliers de postes qui ont été supprimés ces dernières années ».
La secrétaire générale du Snes-FSU annonce qu’elle va « rencontrer » la ministre ce lundi matin à 9h. « Nous aurons l’occasion de la mettre devant la réalité de ses propos ».
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