Les Sénégalais partent à la défense de leur titre de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), qui s’amorce samedi en Côte d’Ivoire. Un tournoi d’une grande importance en sol africain.
C’est un engouement incroyable, lance Philippe Eullafroy, ancien directeur de l’Académie de l’Impact de Montréal et maintenant directeur technique du Dakar Sacré-Cœur, au Sénégal. Beaucoup d’activités vont s’arrêter pendant les matchs.
Installé au Sénégal depuis six mois, Eullafroy est bien placé pour constater l’engouement créé par la CAN.
Les maillots de l’équipe nationale fleurissent de partout, raconte Eullafroy. Et le gouvernement [installe] des écrans géants pour que la population puisse suivre ça. Malheureusement, ils n’ont pas tous des télés à maison.
Le président sénégalais, Macky Sall, a d’ailleurs promis des récompenses que les joueurs de l’équipe nationale ne peuvent pas imaginer
, s’ils conservent leur titre de champions d’Afrique.
Je m’engage à vous dire que si vous nous ramenez la coupe d’Afrique, cette fois-ci vous aurez des récompenses que vous ne pouvez pas imaginer, qui seront à la hauteur de votre sacre et de vos sacrifices
, a dit M. Sall.
Pour l’ancien directeur de l’Académie de l’Impact, l’émotion provoquée par la CAN est aussi importante que pendant la Coupe du monde. L’enjeu est continental, mais les rivalités sont souvent régionales.
Le Sénégal veut évidemment ajouter une deuxième étoile, mais également s’établir comme puissance de l’Afrique de l’Ouest.
L’aspect de suprématie continentale, mais également régionale augmente probablement les émotions et l’intérêt des Sénégalais pour cette compétition
, explique Eullafroy.
Le Sénégal est loin d’être seul
Selon Philippe Eullafroy, le Sénégal est parmi les nations favorites pour soulever la coupe, aux côtés de la Côte d’Ivoire (pays hôte), le Maroc (demi-finaliste de la Coupe du monde 2022) et l’Algérie (championne de la CAN 2019).
Sans hésiter, le directeur du Dakar Sacré-Cœur nomme son pays d’adoption comme futur vainqueur. Lorsque Radio-Canada Sports lui demande si c’est le cœur ou la tête qui parle, il répond le cœur
, avant d’éclater de rire.
Ça va toutefois être très difficile avec les autres nations nommées. Et l’Égypte qui est toujours solide dans ces événements, le Nigeria qui a une force offensive de folie [menée par Victor Osimhen, NDLR] et le Cameroun qui est toujours pas mal.
Eullafroy rappelle toutefois que les Lions de la Teranga règnent sur le continent africain, ayant réalisé un triplé historique, en remportant le titre africain chez les U17, les U20 et les séniors
.
Les gros canons
sénégalais soulèvent toutefois quelques questionnements. Plusieurs d’entre eux ont fait le saut en Arabie saoudite dans les derniers mois : Sadio Mané (Al-Nassr), Édouard Mendy (Al-Ahli), Kalidou Koulibaly (Al-Hilal) et Habib Diallo (Al-Shabab).
Est-ce que ça aura une influence sur [leur] niveau de jeu, je ne sais pas, se questionne Eullafroy. Faudra voir. C’est un peu le point d’interrogation pour beaucoup de Sénégalais, est-ce que les gros canons sénégalais, qui sont sortis des clubs historiques de haut niveau, est-ce qu’ils vont encore fournir les performances qu’ils ont fournies auparavant?
Le meilleur buteur de l’histoire du Sénégal, Sadio Mané (36 buts), peine à retrouver son meilleur niveau, particulièrement en sélection nationale, au point que certains partisans ont réclamé sa sortie du onze partant.
Pourtant, Mané avait été un artisan important du premier sacre sénégalais, il y a deux ans.
La CAN, un tremplin pour les petites nations
L’enjeu est majeur pour les grandes nations africaines, mais la Coupe d’Afrique des nations peut également servir de tremplin pour certains joueurs de nations de moins grande envergure.
C’est clair! C’est un booster [accélérateur] incroyable pour les carrières, pour des joueurs de pays qui ont moins de visibilité, répond Philippe Eullafroy. Ils jouent pour leur nation, mais beaucoup jouent aussi pour leur carrière et leur avenir.
Ce côté est minimisé dans de grandes nations parce que les joueurs importants sont déjà dans des clubs, ils ont déjà une carrière établie. Pour certains petits pays, ce sont des joueurs qui jouent localement, dans des championnats de troisième ordre. Pour eux, c’est une occasion de se montrer, d’assurer l’avenir, non seulement leur propre avenir, mais celui de leur famille.
Il y a un enjeu supplémentaire, une pression supplémentaire. […] Pour eux, c’est un événement qui a une résonance qui va au-delà du sportif.
Le tournoi s’amorce samedi avec un duel entre le pays hôte, la Côte d’Ivoire, et la Guinée-Bissau. Le Sénégal disputera son premier match, lundi, contre la Gambie.
Avec des informations de l’Agence France-Presse et d’Antoine Deshaies.
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