Habitat placé en cessation et liquidation judiciaire à Monaco

C’est le début de la fin pour Habitat en Principauté, qui a pourtant cessé ses activités le 30 novembre dernier.

En France, la marque a été placée en liquidation judiciaire le 28 décembre dernier par le tribunal de commerce de Bobigny. Pendant ce temps-là, les salariés de la filiale monégasque attendaient toujours un signe de vie de leur PDG, Thierry Le Guénic, pour que les démarches soient enfin effectuées à l’échelle de la Principauté pour mettre fin à l’activité.

Finalement, Thierry Le Guénic ne s’étant pas déplacé à l’audience hier, mais ne s’opposant pas à la cessation puis à la liquidation, c’est le tribunal de première instance qui a été saisi par l’inspection du travail. Elle-même contactée par le directeur commercial d’Habitat à Monaco et une autre employée.

1,6 million d’euros de passif

Hier, quatre salariées sur les sept que comptait le magasin étaient présentes au tribunal pour en savoir plus quant à leur avenir. Notamment sur leur licenciement, elles qui sont toujours sous contrat, et sur le règlement du salaire du mois de décembre 2023.

« Du jour au lendemain, on a arrêté de travailler. On ne peut pas chercher du travail ailleurs, on ne peut rien faire tant que la société n’est pas liquidée », lance Christine, plein de désarroi, et qui porte elle-même la voix des salariées dans ce combat. Le président a tenu à souligner que « l’urgence est que vous soyez payées puis licenciées », tout en rappelant que sa juridiction faisait « au mieux » dans cet épineux dossier.

Le procureur a par ailleurs communiqué le montant du passif d’Habitat à Monaco qui s’élève à près de 1,6 million d’euros, dont 90 % des créanciers sont en France. Une situation délicate pour les clients et les salariés qui pourraient bien trouver un dénouement, puisque le tribunal a décidé de prononcer la cessation des paiements et la liquidation dans la foulée.

Vers un paiement des salaires

À titre provisoire, la date d’arrêt d’activité a été fixée au 1er décembre 2023 et un administrateur – Stéphane Garino – a été désigné pour être syndic, un rôle équivalent à celui de liquidateur en France, avec néanmoins des prérogatives légèrement différentes. Cette décision devrait entraîner la saisie de la Caisse de garantie des créances des salariés (CGCS) par le syndic, l’équivalent de l’Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés (AGS) dans l’Hexagone. C’est la CGCS qui a le pouvoir de verser les salaires non distribués aux employés et ainsi, de débloquer leur situation financière qui est très pesante depuis la fin novembre.

Le licenciement des collaborateurs toujours sous contrat devrait là aussi s’accélérer dans les prochaines semaines. Ce qui permettra aux futurs ex-salariés de percevoir des prestations sociales dont ils sont pour le moment privés. Pour les clients lésés, et ils sont nombreux, c’est également Stéphane Garino qui sera l’interlocuteur unique. Même si dans le cadre d’une procédure de liquidation, les rares clients qui voient le retour de leur investissement sont bien souvent en fin de chaîne.

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