La Côte d’Ivoire réussit son entrée dans la compétition et oublie les polémiques

Le contrat est rempli. En s’imposant (2-0) samedi 13 janvier au stade d’Ebimpé, dans le nord d’Abidjan, face à de modestes Bissau-Guinéens, les Ivoiriens ont réussi leur entrée dans leur compétition. Alors que la pression était extrême, la victoire n’a pas été longue à se dessiner. Dès la 4e minute, Seko Fofana a ouvert le score d’une frappe surpuissante qui n’a laissé aucune chance au gardien des « Djurtus » (les Lycaons). Mais alors que le plus difficile semblait fait, que l’équipe hôte de la 34e Coupe d’Afrique des Nations (CAN) était parvenue à prendre l’avantage, elle n’a pas réussi à se libérer pour creuser l’avantage.

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Face à une formation de Guinée-Bissau pourtant considérée comme la plus faible de la poule A, les Eléphants se sont même fait quelques frayeurs en fin de première période. Il fallut attendre le retour de la pause et un but de Jean-Philippe Krasso (58e) pour que les Ivoiriens se mettent à l’abri et scellent leur premier succès. Avant d’affronter le Nigeria, un adversaire autrement coriace, jeudi 18 janvier, les Eléphants vont savourer cette victoire.

Les Ivoiriens ont-ils pour autant rassuré ? S’ils peuvent se féliciter d’avoir évité le piège tendu par des Bissau-Guinéens parfois accrocheurs, leur niveau reste difficile à évaluer. Qualifiés d’office pour la compétition en tant que pays organisateur, les Eléphants ont participé aux matchs éliminatoires au cours desquels ils ont parfois montré des signes de fébrilité, comme lors d’une sévère défaite concédée en Zambie (3-0) en juin 2023. Les dernières prestations furent heureusement plus rassurantes pour les hommes du sélectionneur français Jean-Louis Gasset.

« Le rêve de tout un peuple »

A 70 ans, cet entraîneur expérimenté (passé par Montpellier, Caen, Saint-Etienne, Bordeaux…) a pris les rênes de l’équipe Ivoirienne il y a deux ans, en mai 2022. Il s’agit de sa première équipe africaine et même de sa première sélection nationale. « J’ai vécu pas mal de choses dans ma vie mais ce challenge est le plus important, a-t-il confié la veille du match. Je découvre une nouveauté, une pression supérieure et j’ai envie de réaliser le rêve de tout un peuple. »

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A ceux qui craignaient de le voir trembler en dirigeant une équipe africaine devant son public lors de la compétition la plus prestigieuse du continent, il a répondu avec franchise : « Mon travail consiste à transformer cette pression en du positif, que ça donne force et confiance. Il ne faut pas que ça nous inhibe… Je suis entouré de personnalités qui ont l’expérience de l’Afrique, des gens qui ont gagné la CAN et m’expliquent ce qui m’attend. »

Cette victoire permet de lancer la Côte d’Ivoire dans la compétition. Elle met aussi un terme aux polémiques apparues ces derniers mois, notamment lorsque le comité d’organisation avait voulu imposer aux supporteurs de se rendre au stade uniquement vêtu du maillot officiel dont le prix s’élève à 60 000 FCFA (91,50 euros). La tension était également montée lorsque les maquis, les bars du pays, avaient failli perdre leur autorisation de retransmettre les rencontres en direct à cause de certains contrats avec les sponsors. Face au tollé déclenché par ces décisions, les autorités avaient finalement fait machine arrière.

Une mission délicate

Il n’a pas plu pendant ce match d’ouverture et le terrain, même s’il a souffert, est resté sec. Ce premier succès fait donc momentanément oublier le fiasco du 12 septembre, lorsque la rencontre amicale entre la Côte d’Ivoire et le Mali avait été interrompue après un orage qui avait gorgé d’eau la pelouse. L’incident avait provoqué l’ire du président Alassane Ouattara et un remaniement ministériel au terme duquel le nouveau premier ministre, Robert Beugré Mambé, s’était vu confier le portefeuille des sports et une mission délicate : « organiser la plus belle CAN de l’histoire. » Le gouvernement s’en est donné les moyens : 1,37 milliard d’euros ont été investis pour construire ou rénover six stades, bâtir des ponts, des routes, des hôtels, des cités CAN…

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Il est encore trop tôt pour dire si l’objectif sera atteint tant l’attente au sein de la population ivoirienne est immense. Drapés en orange, des milliers de supporteurs s’étaient regroupés le long des routes pour accompagner leurs joueurs jusqu’aux abords du stade. Malgré cette victoire peu convaincante, les Éléphants ont fait un pas important vers les huitièmes de finale. « Les hommes sont soulagés de ce fardeau que représentait ce premier match face à leur public, a reconnu Jean-Louis Gasset. Il reste du travail mais le primordial est là. »

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En 1984, lorsqu’ils avaient organisé pour la première fois la compétition (elle ne comptait alors que 8 équipes contre 24 aujourd’hui), les Ivoiriens n’avaient pas franchi le cap du premier tour. Après leur succès en 1992 et 2015, sont-ils maintenant suffisamment armés pour décrocher leur troisième étoile ? Une chose est sûre : la Côte d’Ivoire a lancé la compétition, la fête du football africain peut continuer.

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