Je vous propose une plongée en eaux profondes pour voir comment les grands fonds marins sont devenus un nouvel espace à conquérir. Ils représentent plus de 60 % de la surface de la terre, et on a coutume de dire que plus d’humains sont allés sur la Lune, qu’au fond des océans.
Le parallèle avec la conquête spatiale est pertinent, car se jouent ici des problématiques territoriales, des enjeux géopolitiques et une ruée vers des ressources minières dont on promet un grand avenir pour assurer notre transition écologique. Des instances internationales cherchent à encadrer les pratiques d’exploitation et certains pays tentent de jouer une carte personnelle pour se positionner.
Le Temps du débat
38 min
Les ambitions minières de la Norvège en Arctique
En premier lieu, la Norvège. Le pays scandinave souhaite ouvrir l’exploitation minière des fonds marins en Arctique dans sa zone maritime, à la recherche de cobalt, cuivre, nickel. Des métaux précieux pour la confection des batteries de voitures électriques et des panneaux solaires, d’où la promesse écologique. Mais problème, cette entreprise pourrait avoir des conséquences irréversibles, selon les scientifiques, sur la bio diversité marine. Pollution chimique, sonore et lumineuse. L’humain en ratissant les fonds marins prend le risque d’altérer les capacités d’absorption des excès de chaleur de l’océan.
Sans parler de la menace qui pourrait peser sur des espèces méconnues, 90 % de la faune océanique n’a pas encore été étudiée. En un mot, pour les associations de défense de l’environnement, l’homme jouerait aux apprentis sorciers dans un écosystème qu’il ne maitrise absolument pas.
Toujours en Norvège, la semaine dernière, les parlementaires devaient s’exprimer sur la demande du gouvernement concernant l’exploitation des fonds et ils ont majoritairement retoqué cette velléité, qui aurait été une première mondiale, en autorisant tout de même l’exploration.
Une victoire en demi-teinte, car si l’exploration est nécessaire pour faire avancer la science, elle pourrait n’être qu’une étape préalable à une future exploitation qui ouvrirait les appétits d’autres nations. Les députés vont devoir se prononcer une nouvelle fois, à la suite de la phase exploratoire. Voilà pourquoi les associations auraient préféré ne pas céder à l’ouverture des missions d’explorations.
La Méthode scientifique
58 min
Un code minier pour les eaux internationales avant 2025 ?
À l’échelle internationale, l’AIFM, l’autorité internationale des fonds marins, s’est réunie en juillet à Kingston et tente de trouver un consensus pour créer avant 2025 un code minier pour les eaux internationales. Là-bas, la France, grande puissance maritime mondiale, s’est distinguée en exigeant, un moratoire, une pause de précaution sur l’exploration des fonds.
On notera que les États-Unis, première puissance maritime, n’ont pas ratifié la convention mondiale sur le droit de la mer, ils ne sont donc pas membres de l’autorité et peuvent s’affranchir de ses futures obligations. Au plus grand bonheur des GAFAM qui investissent déjà les océans avec leur kyrielle de câbles sous-marins et espérèrent bien descendre un peu plus bas pour capter de nouvelles ressources.
Grand Reportage
55 min
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