Election présidentielle au Sénégal : 20 candidats sur la ligne de départ, Sonko définitivement écarté

Publié le 21 janv. 2024 à 10:13Mis à jour le 21 janv. 2024 à 10:14

Les sages ont attendu le tout dernier moment pour mettre fin au suspense. C’est tard dans la soirée de samedi, juste avant la date butoir de validation des candidatures à la présidentielle du Sénégal, que les noms des 20 candidats ont été publiés par le Conseil constitutionnel. En tout, plus de 90 dossiers avaient été déposés initialement : un record dans l’histoire politique du pays.

Cette annonce compromet définitivement les ambitions présidentielles d’Ousmane Sonko, principal opposant au pouvoir. Il lui restait encore un mince espoir, mais c’est depuis sa cellule de prison qu’il a appris le rejet de sa candidature.

Mis en détention depuis plusieurs mois pour plusieurs chefs d’inculpation dont « atteinte à la sûreté de l’Etat », ses avocats avaient déposé un recours pour lui permettre de rester dans la course malgré le rejet de son dossier par l’administration le 5 janvier dernier.

Au mois de juin, une première condamnation pour « corruption de la jeunesse » avait provoqué d’importantes manifestations dans le pays que le pouvoir avait réprimées dans le sang. Ousmane Sonko hors jeu, son parti devra se ranger derrière une autre candidature. Parmi les options, Bassirou Diomaye Faye, un de ses lieutenants emprisonné également mais toujours éligible en l’attente de son procès, pourrait incarner l’opposition.

« Un sprint »

Pour la première fois dans l’histoire du Sénégal, le chef de l’Etat n’est pas candidat à sa succession . C’est l’actuel Premier ministre Amadou Ba qui devra défendre le bilan des deux mandats du président Macky Sall en portant les couleurs de la coalition présidentielle. « La candidature d’Amadou Ba, peu friand des médias, n’a pas encore réellement imprimé dans l’opinion et il devra rapidement combler ce déficit de popularité : la campagne est courte, c’est un sprint », souligne l’analyste politique Babacar Ndiaye.

Face à lui, Khalifa Sall, ancien maire de Dakar et politicien expérimenté fait figure de concurrent sérieux. La candidature de Karim Wade, le fils de l’ancien président Abdoulaye Wade, qui a gouverné le pays pendant 12 ans, a quant à elle été rejetée à cause de sa double nationalité franco sénégalaise, la loi interdisant aux binationaux de se présenter à l’élection.

Votes des jeunes

Le vote de la jeunesse, dans un pays où 60 % de la population est âgée de 25 ans ou moins, devrait être l’un des enjeux clés du scrutin. Chaque année, près de 200.000 Sénégalais arrivent sur le marché de l’emploi, où le taux de chômage dépasse les 20 %.

Pour fuir le manque de perspectives économiques, plusieurs milliers de jeunes sénégalais ont embarqué ces derniers mois en pirogue pour un périlleux voyage vers l’Europe. En 2019, lors de la précédente élection présidentielle, Ousmane Sonko avait su capter cet électorat en prônant la souveraineté politique et économique et en prenant ses distances vis-à-vis de la France. En son absence, reste à savoir sur qui se reporteront ces voix.

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