Grand déballage à Monaco: à quoi servaient « les fonds spéciaux » gérés par Claude Palmero?

Autour du terme « fonds spéciaux », on trouve souvent un imaginaire qui a trait au secret. Des secrets que nos confrères du Monde ont décidé de percer, dans leur enquête en quatre volets intitulée « Monaco, les cahiers secrets ». 

Les journalistes du Monde se sont procurés les cinq cahiers sur lesquels Claude Palmero a consigné durant des années des annotations sur les dépenses de la famille princière ou comme dans ce volet, la façon dont étaient utilisés les « Fonds spéciaux » notamment, pour des « missions secrètes ». On apprend ainsi que ce fond particulier, a servi à financer plusieurs missions sur le Rocher.

« Jusqu’à 600.000 euros, en fonction des urgences »

A l’origine expliquent nos confrères, des sommes destinées à ces « missions » auraient été prélevées sur une ligne budgétaire intitulée « DS » pour « destination budgétaire ». Cette ligne a longtemps figuré dans le budget que publiait la Principauté et était dotée d’environ 150.000 euros par an. Le Monde indique que certaines années, cette ligne budgétaire pouvait « monter jusqu’à 600 000 euros, en fonction des urgences » et ce fonds était géré par Claude Palmero. 

Cette réserve d’argent aurait servi à financer des « activités parallèles », selon nos confrères. Comment? Deux comptes alimentés par l’argent « DS » étaient ouverts au nom du Prince, il suffisait de retirer de l’argent en espèces et de payer les intermédiaires avec. Ainsi, toujours selon Le Monde, l’argent était donné en partie, « à des policiers monégasques » pour « des enquêtes en dehors de tout cadre procédural ». Ces enquêtes pouvaient parfois prendre la forme de « recherches » sur « des personnes physiques ». 

Institutrices, appartement, renseignements… 

Le fonds spécial pouvait aussi servir à payer « les nounous et institutrices » des enfants du couple princier. « 450.000 euros au budget 2020, qui sera dépassé », préciseraient les annotations de Palmero dans son cahier. Autre utilisation: le financement du mariage princier entre Albert II et la princesse Charlène, en partie alimenté par ce fonds ou encore la recherche d’un appartement discret que souhaitait louer le Prince. Après avoir fait des recherches, l’appartement « parfait » se présente: il est situé à quelques centaines de mètres du Palais. Le tout sera financé à hauteur de 4.500 euros par mois via une société créée par Palmero. « Je le prendrais », aurait écrit Palmero dans ses notes.

De même, lorsqu’il s’agit de régler une affaire de photos « compromettantes », une somme a été donnée à un intermédiaire pour récupérer les photos et les négatifs. Ce que conteste l’avocat du Prince, Jean-Michel Darrois dans les colonnes du Monde: « Le prince n’a jamais rien demandé de tel à M. Palmero – il n’approuve pas de telles démarches – et, de surcroît, n’a jamais eu connaissance d’avoir fait l’objet de demandes d’argent en de telles circonstances ».

Le Monde révèle également que Claude Palmero s’est aussi attaché les services d’un ancien policier monégasque « payé en sous main », « utile pour obtenir des renseignements », aurait jugé l’ancien administrateur. Montant de cette rémunération? « 1.500 euros par mois ». 

Me Darrois dément que ce dernier ait été mis au courant de cette pratique: « Claude Palmero avait le contrôle de ces comptes, qu’il utilisait de sa propre initiative. S’il a rémunéré des informateurs, il n’en a jamais parlé au prince, qui désapprouve ce genre de pratiques. »

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