Publié le 31 janvier 2024
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Résurrection… Brice Laccruche Alihanga, 44 ans, revient de l’enfer. Le jadis omniprésent directeur de cabinet du président Ali Bongo Ondimba, qui l’avait nommé à ce poste en août 2017, n’est plus le même homme. Arrêté le 3 décembre 2019, il a passé près de quatre longues années en prison, dans des conditions atroces : à l’isolement total, privé de tout contact ou visite – y compris de ses avocats ou de sa famille –, de lumière, de paillasse… Il avait perdu 37 kilos, il en a repris moins d’une dizaine depuis sa libération.
Les séquelles sont nombreuses, physiques évidemment, mais aussi psychologiques. Il ne supporte plus d’être enfermé, peine à retrouver son élocution d’antan, ne peut plus se nourrir normalement, se fatigue très vite.
Sa seule lueur d’espoir, durant cette détention d’un autre âge, aura été la Bible, livre qu’on lui a accordé au bout d’un an. Brice Laccruche Alihanga est devenu très pieux, c’est peu de le dire. Jésus est sa boussole, l’apôtre Paul son modèle.
Celui qui vit au Gabon et se soigne régulièrement dans le sud de la France a accepté de nous recevoir lors de son passage à Paris, à la fin de janvier, dans un hôtel discret de la capitale, et de répondre à nos questions. Ce très long entretien – près de 1h30 – à bâtons rompus – le seul qu’il a accordé depuis sa libération – l’a laissé épuisé. S’il n’est effectivement plus le même, ni physiquement ni psychologiquement, Brice Laccruche Alihanga n’a rien perdu de sa méticulosité, et, en dépit de son envie évidente de remettre les pendules à l’heure, a pesé chacun de ses mots, sans jamais verser dans la haine ou dans l’esprit de vengeance.
Jeune Afrique : Vous avez été libéré, le 20 octobre 2023, après quatre années de détention. Comment vous sentez-vous, et quels sont vos sentiments ?
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