L’une est agent immobilier, l’autre est photographe. Et elles ont le sourire en permanence. Probablement parce qu’elles sont simplement heureuses de participer pour la première fois au Rallye Aïcha des Gazelles. Cette course automobile en hors-piste dans le désert marocain fêtera sa 33e édition du 12 au 27 avril.
Le principe? Une compétition réservée aux femmes, qui seront un peu moins de 400 à arpenter les dunes en 4×4 avec pour seul but de rallier un maximum de balises en un minimum de kilomètres.
Le tout, à l’aide d’une boussole et d’une carte. En 9 jours et 6 étapes, les participantes devront planter la tente et affronter des conditions difficiles. Et pour la première fois cette année, le départ se fera de Fontvieille.
Les deux complices racontent leurs motivations et leur préparation.
Comment s’est concrétisée cette participation au Rallye Aïcha des Gazelles?
Tiffany Mengers: Cela fait plus de dix ans que cette participation au Rallye m’est passée par la tête.
Sauf que c’est vraiment difficile de trouver quelqu’un et du temps. J’en ai parlé à Simona en septembre 2023, on a fait une visioconférence avec l’organisation pour en apprendre plus. En assistant à cette visio, je me suis dit que c’était mort. Qu’elle ne voudrait jamais le faire parce qu’ils disaient qu’on allait conduire 12 heures par jour, qu’on allait dormir dans des tentes dans le désert, que c’est vraiment difficile. Même moi je n’étais plus sûre de vouloir le faire. [rires]
Après cette visio, elle m’a dit qu’elle allait réfléchir et je me suis dit qu’au bout de deux semaines elle me dirait non. Finalement, 30 secondes plus tard, elle m’a dit « c’est bon, j’ai réfléchi, on y va! ».
Simona Bonazzi: J’avais dit oui avant cette fameuse visio mais je ne savais pas pour quoi j’avais signé. [rires] Une fois la visio faite, je me suis dit « dans quoi est-ce que je me suis embarquée… ».
Comment vous êtes-vous rencontrées?
S. B.: C’était par hasard il y a deux ans à un dîner avec des copines. On a tout de suite eu un bon feeling et c’est la raison pour laquelle on a accepté de faire cette aventure ensemble.
« C’est bien de se poser un challenge pour grandir et évoluer »
Pourquoi avoir décidé de participer au Rallye des Gazelles?
S. B.: C’est la première fois que je vais faire une course de ce genre. J’ai le permis mais je n’ai jamais fait de rallye de vitesse ou d’orientation. Ce qui m’intéresse c’est qu’il n’y a pas de vitesse mais des kilomètres.
C’est donc vous Tiffany, qui l’avez convaincue…
T. F. : Il n’en fallait pas beaucoup pour la convaincre. [rires] J’aime bien le concept parce que j’aime bien conduire et puis là c’est réservé aux femmes. On est 180 véhicules, ce qui est énorme. C’est un événement écoresponsable, il est certifié ISO 14001. Ce qui veut dire qu’on respecte l’environnement. Le bivouac s’installe dans le désert mais on remballe tout, on ne laisse rien. On respecte toujours les populations qu’on rencontre. C’est très important. Mais c’est aussi le fait de faire un rallye à l’ancienne sans GPS, avec une carte et une boussole. C’est aussi la solidarité qu’on retrouve dans ce rallye mais surtout la possibilité de sortir de notre zone de confort. Ce n’est vraiment pas quelque chose qu’on a l’habitude de faire. Je pense que de temps en temps c’est bien de se poser un challenge pour grandir et évoluer.
À quoi vont ressembler vos journées sur place?
T. F. : On dormira dans des tentes, réveil à 5h du matin et on a environ 10 à 12h de conduite par jour.
Il y a aussi ce volet caritatif avec le soutien apporté à Child Care Monaco. Pourquoi cette association?
S. B. : Il y a beaucoup d’associations mais on a choisi Child Care Monaco pour Martine [Ackermann, présidente de l’association, N.D.L.R.]. J’ai eu un super feeling avec elle. On avait essayé de faire quelque chose ensemble il y a un an mais ça n’avait pas abouti et je lui avais dit qu’on ferait quelque chose un jour. Ensuite c’est aussi et surtout parce que c’est une association qui s’occupe des enfants.
T. F.: Et puis Martine organise aussi un rallye à Monaco chaque année en septembre. Il est un peu différent avec un thème déguisé donc ça nous semblait correspondre.
« Si quelqu’un n’arrive pas à dormir le soir, il pourra voir où on se trouve »
Il est possible de vous soutenir et de vous suivre en ligne…
T. F. : On est ouvertes à des sponsors pour organiser des événements ou simplement des donations à travers notre site et notre compte Instagram. Et puis les gens vont pouvoir nous suivre à travers le site. On sera un petit point sur une carte grâce au GPS qui sera dans notre voiture. Si quelqu’un n’arrive pas à dormir le soir, il pourra voir où on se trouve. [rires]
Est-ce que vous aviez quelques bases en mécanique et dans ce milieu ? Il paraît que vous assistez à des stages de préparation…
S. B. : Pas du tout. On a fait une première formation organisée par le rallye à Aix-en-Provence où on a pu rencontrer des filles qui y ont déjà participé. On va bientôt avoir un stage de pilotage au Maroc pour apprendre à conduire sur les dunes ! Il y a un troisième stage pour apprendre à conduire avec une boussole et une carte.
Comment s’est passé le premier stage?
S. B.: Très bien, on a réussi à changer une roue. [rires]
Comment vous sentez-vous à un peu plus de deux mois de l’aventure? Stressées?
T. F. : Je suis assez détendue mais en général je suis détendue. C’est Simona qui est plutôt anxieuse!
S. B.: Je suis carrée donc c’est souvent moi qui lui rappelle qu’il faut faire ceci ou cela, organiser ceci ou cela. [rires]
Avez-vous déjà décidé de qui prendra le volant et toutes ces questions d’organisation?
T. F.: Comme on n’a pas encore essayé on va voir. Si l’une n’est pas capable de lire une carte ce sera l’autre ! On décidera après le stage de qui fait quoi.
Des fonds levés pour Child Care Monaco
Fondée en 2011 par Martine Ackermann, l’association Child Care Monaco promeut l’éducation pour les enfants défavorisés dans le monde. « Plus précisément en Inde où j’ai construit une école près d’Udaipur, ajoute sa fondatrice qui avait participé au Rallye Aïcha des Gazelles il y a douze ans. Je me rends chaque année en Inde où nous avons contribué à un orphelinat, un bus bibliothèque et bientôt un bus médical qui arpente les rues de Jaipur. Nous subventionnons également une école dans le sud du pays. »
L’association monégasque œuvre également dans d’autres pays que l’Inde. « Je pars dans moins d’un mois en Afrique du Sud pour l’inauguration d’une petite école que nous avons mis sur pied pour les enfants handicapés et orphelins. »
L’association est soutenue par Simona Bonazzi et Tiffany Mengers qui organisent plusieurs événements pour lever des fonds jusqu’au jour du départ.
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