Technologie. Facebook a vingt ans et une nouvelle lubie : l’intelligence artificielle

Il y a vingt ans [le 4 février 2004], un jeune codeur en mal d’affection du nom de Mark Zuckerberg lançait un site Internet façon trombinoscope conçu pour noter le physique des étudiantes de Harvard. Aujourd’hui, il est l’un des hommes les plus riches du monde, il domine un empire de quelque 4 milliards d’individus et vient d’annoncer un projet d’une folle ambition : mettre au point une intelligence artificielle générale (IAG).

Au-delà du fantasme de science-fiction, l’IAG est-elle seulement réalisable ? Voilà qui fait débat. Mark Zuckerberg, lui, espère déjà faire mieux qu’avec la dernière idée insensée qu’il avait tenté de refourguer au monde, le métavers. L’homme âgé de 39 ans s’oriente vers la “singularité” – cet hypothétique point de bascule à partir duquel la technologie devient incontrôlable et irréversible – et c’est un énième virage spectaculaire dans l’une des trajectoires les plus extraordinaires de l’histoire du business.

Depuis sa naissance, en février 2004, la société Facebook, devenue Meta, aura tangué de crise en crise. Elle a tordu les règles, enfreint des lois, été accusée de génocide et qualifiée de risque pour la santé publique, au même titre que le tabac. Et pourtant, jamais sa croissance ne s’est interrompue. En septembre 2023, l’ensemble de ses applications, parmi lesquelles Facebook, WhatsApp et Instagram, comptabilisaient 3,9 milliards d’utilisateurs par mois.

De crise en crise

La vieille menace du tour de vis réglementaire ne s’est toujours pas concrétisée, pour une bonne part grâce à un lobbying d’une ampleur et d’une intensité rarement vus dans le monde. Les actions en justice se succèdent à un rythme serré, sans ralentir ce qui reste l’une des plus formidables machines à faire de l’argent dans l’histoire du capitalisme.

Ainsi, sur les neuf premiers mois de 2023, Meta affiche un bénéfice net de 25 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires de 95 milliards, deux chiffres en progression de 39 % et 12 % respectivement. [Depuis, pour l’ensemble de l’année, le groupe a annoncé 39 milliards de dollars de bénéfice net pour un chiffre d’affaires de 135 milliards.] Fin janvier, l’action battait un nouveau record en Bourse, à 394 dollars, et Meta franchissait ainsi la barre des 1 000 milliards de dollars de capitalisation, entrant dans la même catégorie qu’Alphabet, Apple et Nvidia.

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