Sports d’hiver : gare à la blessure !


La glisse est en vue pour de nombreux Français, qui auront la chance de dévaler les pentes dès la fin de cette semaine. L’évocation des sports d’hiver est intimement liée à la traumatologie afférente, à l’instar de la désormais célèbre luxation de l’épaule de Nathalie dans Les Bronzés font du ski. Mais la luxation de l’épaule n’est pas la blessure la plus courante, loin de là, comme en atteste le rapport annuel de l’Observatoire d’accidentologie des sports d’hiver.

L’Observatoire d’accidentologie des sports d’hiver produit chaque année une plaquette très richement documentée sur la traumatologie du ski et du snowboard (et accessoirement de la luge). On y apprend qu’en 2022 ce sont 122 231 accidents traumatiques qui sont survenus dans l’ensemble des massifs français et qu’en moyenne 5 % des blessés ont eu besoin d’une hospitalisation immédiate. Tous sports confondus, le ligament croisé antérieur du genou est le champion des champions de la blessure : à lui seul, il représente 17 % des lésions, loin devant les fractures du poignet (7 %). Cette statistique est particulièrement soutenue par la pratique du ski, qui est la première pourvoyeuse d’entorses du ligament croisé antérieur, contrairement à la pratique du snowboard qui épargne relativement les genoux.

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Les entorses sont les blessures les plus fréquentes dans la pratique du ski, elles représentent quasiment la moitié des diagnostics. La première place du podium revient au ligament croisé antérieur du genou, la deuxième au pouce et la troisième au poignet. Celles et ceux qui pratiquent le snowboard ont plus de risque d’avoir des fractures – 42 % des diagnostics –, en particulier des poignets qui sont très exposés lors des chutes. L’opposition entre le ski alpin et le snowboard ne s’arrête pas là : si les membres inférieurs sont les plus touchés lors de la pratique du ski alpin, ce sont les membres supérieurs qui trinquent dans celle du snowboard.

Mieux vaut prévenir que guérir

De très nombreux traumatismes pourraient être évités en prenant des précautions d’usage et en préparant sa semaine à la montagne. On anticipe son séjour aux sports d’hiver en se préparant physiquement à endurer les efforts spécifiques du ski ou du snowboard. Pour cela, il faut renforcer ses cuisses et entraîner son système cardiovasculaire. Rien de mieux que de faire un peu de course à pied ou de vélo, ainsi que d’emprunter les escaliers plutôt que de prendre l’ascenseur. Les plus assidus pourront faire la chaise contre un mur ainsi que des squats (flexions répétées de genoux) pour renforcer les quadriceps, qui sont les muscles les plus sollicités dans l’exercice du ski.

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La prévention passe aussi par un réglage fin des fixations des chaussures de ski afin de faciliter le déchaussage en cas de chute et de préserver le ligament croisé antérieur du genou – près de la moitié des traumatismes du ligament croisé antérieur (LCA) seraient causés par un mauvais réglage des fixations. À noter que l’anatomie féminine expose plus particulièrement les femmes à l’entorse du LCA ; le risque est multiplié par 3,5 par rapport aux hommes. En outre, le port du casque se révèle indispensable, son utilité a été tristement rendue célèbre par l’accident dont a été victime Michael Schumacher. Par ailleurs, celles et ceux qui choisissent le snowboard sont invités à porter des protections de poignets. La dragonne des bâtons est la première responsable des entorses du poignet, mieux vaut donc éviter de l’enfiler pour épargner la colonne du pouce qui se trouve très exposée en cas de chute. Enfin, le recours à des protections dorsales visant à épargner la colonne vertébrale est de plus en plus sollicité. En effet, même si les vertèbres ne sont pas les plus touchées par la traumatologie des sports d’hiver, deux précautions valent toujours mieux qu’une.

Enfin, les accidents surviennent le plus souvent en début de journée, quand la neige est encore dure et que les muscles sont froids ; un bref échauffement avant de chausser les skis est plus que recommandé pour minimiser les risques. Un autre pic survient en fin de journée, lorsque la fatigue se fait sentir et que la neige devient plus souple : c’est le fameux syndrome de la « dernière piste », bien connu des professionnels de santé. Restez donc à l’écoute de vos sensations, de votre fatigue, il est fondamental de savoir s’arrêter à temps au risque de se blesser ou, pire, de risquer une collision avec un autre skieur.


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