Il ne fallait pas trembler et ils n’ont pas tremblé. Ce dimanche, tard dans la soirée (4 heures séparent la Principauté d’Asunción, la capitale du Paraguay), Guillaume Couillard et ses joueurs ont fait le job. À savoir se qualifier pour le tour suivant de la Coupe Davis qui les rapproche un peu plus du Groupe I, un niveau auquel ils n’ont jamais goûté mais sur lequel ils salivent déjà depuis plusieurs années.
Bien que favoris sur le papier, la tâche n’a pas été aussi évidente qu’elle n’y paraissait. Déjà parce qu’en cas de défaite Monaco se serait retrouvée dans le Groupe III et que cela aurait fait tache. Mais aussi parce que ce déplacement en Amérique du Sud était très probablement le plus lointain qu’aient jamais connu les Rouge et Blanc. Et avec cela, une potentielle ambiance électrique sous une chaleur accablante (le thermomètre a grimpé jusqu’à 43 degrés!). « C’est une libération, souffle Christophe Boggetti, directeur technique national (DTN) de la Fédération monégasque de tennis avant de prendre l’avion direction la Principauté. On était dans l’incertitude, on n’était pas sûr de gagner jusquà la dernière balle et on l’a finalement emporté. Toute l’équipe a explosé de joie. Le contrat est rempli. »
La surprise Benjamin Balleret
C’est d’abord Benjamin Balleret, dont la nomination a créé la surprise, qui a ouvert le bal. Mais l’ex 204e joueur mondial de 41 ans n’a pas fait le poids face au jeune Daniel Vallejo (2-6, 4-6). Ce qui n’a pas empêché le DTN de la Fédération monégasque de lui rendre hommage. « C’est un garçon sportif dans l’âme et étant l’entraîneur de Valentin il reste dans le tennis. Lorsque nous lui avons dit qu’on avait besoin d’un cinquième homme, son professionnalisme et son sérieux ont joué. Il a commencé à s’entraîner beaucoup plus. Physiquement il a été prêt comme un joueur de 40 ans peut être prêt. Il est tombé contre un bon joueur qui jouait un peu plus vite que lui. »
Si Benjamin Balleret a été aligné, c’est pour remplacer un Lucas Catarina pas assez remis d’une blessure. Son état de santé a fait l’objet d’une surveillance quotidienne. « Il avait cette douleur récurrente qui l’empêchait de faire un match plein, poursuit Christophe Boggetti. On attendait de savoir si son état allait s’améliorer mais ça n’a pas été le cas.«
Valentin Vacherot a ensuite remis les compteurs à zéro, vengeant son demi-frère, en s’imposant facilement face au numéro 2 de l’équipe adverse Martin Antonio Vergara Del Puerto (6-2, 6-1).
Un double presque décisif
Nouvelle journée nouvelles tensions. Dimanche, Romain Arneodo et Hugo Nys avaient la lourde responsabilité de faire basculer la rencontre en leur faveur, le point du double étant crucial avant un match de simple décisif. Poussée dans un tie-break dans le premier acte, la paire s’est finalement imposée en deux sets (7-6, 6-4). « On était sur une incertitude de chaque instant. On a gagné le premier set et nos joueurs ont eu une baisse d’intensité mais ils ont réussi à garder la tête hors de l’eau et à gagner ce double indispensable pour se qualifier. »
Mettant Valentin Vacherot dans les meilleures dispositions. Le natif de Monaco n’a pas tremblé, malgré la perte de la première manche et un tie-break blanc, pour s’imposer en trois temps. (6-7, 6-4, 6-4). « Valentin s’en est sorti la tête haute avec énormément de stress et d’émotions. Il s’est servi de sa confiance lorsque nous étions malmenés. Il avait en face un vrai bon joueur. S’il ne gagnait pas il fallait disputer un cinquième match décisif soit avec Benjamin soit avec notre joueur de double. Heureusement qu’il nous a délivrés de cette situation. »
Prochain rendez-vous en septembre
Guillaume Couillard et ses joueurs attendent désormais de connaître l’identité de leurs adversaires qu’ils affronteront en septembre pour se qualifier pour les playoffs du Groupe I. Parmi eux, une revanche face à l’équateur qui les avaient éliminés l’an passé, la Tunisie, le Liban, l’Ouzbékistan… Une chose est sûre, après un long voyage éprouvant, les Rouge et Blanc ne seraient pas contre un match au Country Club. « On préfère jouer à domicile d’autant plus que les joueurs sont en permanence dans le monde entier. Les garçons veulent jouer à la maison devant leur public. »
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