Le documentaire de Leah Gordon, photographe et réalisatrice britannique, raconte la longue histoire coloniale de l’esclavage en Haïti retracée au travers de cette fête populaire. Découpé en six chapitres, il est à voir ce samedi à 18h au Musée d’ethnographie de Genève (MEG). Aux interviews et témoignages s’entrelacent des documents d’archives. La découverte de l’île par Christophe Colomb, le génocide des Indiens Taïno, la traite des Noirs qui déporte des populations d’origine africaine vers l’île, les nombreuses révoltes, l’établissement d’Haïti en tant que première République noire de l’hémisphère occidental en 1804.
Histoire vivante
Au moment du cortège, les Haïtiens s’approprient l’histoire de leur pays. Aussi dans les rues se côtoient les hordes rageuses des Lanse Kòd, hommes à la peau luisante d’une patine huileuse de charbon de bois, cordes à la main pour rappeler les entraves de leurs ancêtres esclaves; d’autres portant un cercueil pour représenter la mort économique du pays en raison de l’indemnisation imposée par les Français pour compenser les pertes causées par les révoltes des esclaves et l’indépendance d’Haïti; les figures politiques marquantes du pays, entre hommage et satire. D’autres encore choisissent de mettre en scène des visions vaudoues données par les esprits en rêve.
Kanaval rappelle que cette fête du peuple permet à chacun de se libérer de ses frustrations pour ne pas sombrer dans la folie. Une forme d’exutoire, en Haïti comme en Suisse.
«Kanaval», samedi 10 février (18h), Musée d’ethnographie de Genève (MEG). Version originale en créole haïtien sous-titrée en français. Rencontre avec la réalisatrice Leah Gordon à l’issue de la projection et apéritif dînatoire avec spécialités culinaires haïtiennes. Gratuit, mais sur réservation.
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