Devoir payer 5 à 10 euros l’entrée au Fise risque-t-il de faire chuter la fréquentation ?

Cinq à dix euros. C’est ce que les amateurs de sensations fortes devront désormais débourser pour assister à la totalité des épreuves du Fise, le Festival international des sports extrêmes. L’événement, qui réunit chaque printemps, à Montpellier (Hérault), plus de 500.000 fans de roller, de BMX ou de skateboard, change de modèle économique : gratuit depuis sa création à Palavas-les-Flots, en 1997, le festival a décidé de demander à ses visiteurs de mettre la main à poche, à partir de sa prochaine édition, du 8 au 12 mai.

Les festivaliers devront ainsi s’acquitter (ici) d’un pass à 10 euros, pour participer à la compétition, pendant cinq jours. Pour les lycéens, détenteurs de la carte Jeune Région Occitanie, le pass est à 7 euros, et 5 euros pour les enfants de 5 à 10 ans. L’entrée reste gratuite, toutefois, pour les bambins de moins de 5 ans, et pour les personnes en situation de handicap. Cinq à dix euros pour cinq jours, c’est peu. Mais c’est une petite révolution. Et une absolue nécessité, pour le Fise, qui fait face ces derniers temps à des remous financiers, pour « garantir la pérennité du festival dans les années à venir ».

« L’évolution de notre modèle économique est aujourd’hui inévitable »

« Face à des défis sans précédent dus à des circonstances économiques inédites, nous avons pris la décision de passer à un modèle payant afin de préserver et de développer le Fise, pour continuer d’offrir aux habitants de Montpellier et de la région Occitanie un événement unique au monde », confie Hervé André-Benoit, le créateur du festival et président d’Hurricane Group, le géant des sports extrêmes qui organise l’événement. « L’évolution de notre modèle économique est aujourd’hui inévitable pour un événement aussi important que le Fise Montpellier. Cette décision, prise avec soin et réflexion, est une nouvelle approche que nous pourrons ajuster dans les années à venir pour trouver l’équilibre parfait entre accessibilité et qualité et ainsi continuer de mener à bien notre mission historique. Celle de démocratiser les sports urbains au plus grand nombre. »

Payer risque-t-il de décourager certains visiteurs ? Valérie, qui a répondu à notre appel à témoignages, ne comprends pas ce virage, « après tant d’années de gratuité, confie-t-elle. Ca n’aura pas la même signification. Car 5 à 10 euros, c’est tout de même une somme que certains ne pourront pas mettre. Ca enlève du charme à cette compétition. »

Alain partage cet avis. « C’est désolant de faire payer l’entrée pour voir des sports extrêmes… De loin ! », lâche ce lecteur, qui assure qu’il ne sera pas au rendez-vous, sur les berges du Lez. Cyril et Yoan, eux, sont nostalgiques des débuts du Fise, sur le sable, à Palavas-les-Flots. « Je n’y vais plus depuis que c’est sur les rives du Lez, confie le premier, sur la page Facebook de 20 Minutes Montpellier. Alors maintenant que c’est payant… » Payant ? « Jamais de la vie ils m’y voient ! », renchérit Yoan. « Ce sera sans moi ! », déplore un autre internaute, sur X. « Faire payer l’accès pour des sports de ce type ? », s’interroge un Montpelliérain, sur le compte Instagram du Fise.

« Nous estimons une baisse de 10 % de la fréquentation »

Sur les réseaux sociaux, il y a tout de même des internautes que la nouvelle ne choque pas. « Cinq euros [le tarif pour les enfants de 5 à 10 ans], c’est pas la ruine. Si on aime, on paie », écrit Anne. « Dix euros pour cinq jours, c’est pas beaucoup », renchérit, sur X, un internaute qui a « de beaux souvenirs au Fise ». « Pour l’avoir fait deux fois, 10 euros, c’est rien », lui répond un autre. Si c’est payant, « j’espère que ce sera dix fois mieux. J’espère qu’il y aura de grosses améliorations », relativise sur Instagram un fan de BMX.

Oui, le Fise promet de belles nouveautés, pour que le passage au payant soit moins difficile à avaler : les berges du Lez accueilleront notamment, au printemps, deux nouvelles étapes mondiales officielles, la Coupe du monde de Trottinette Park et de Trottinette Street, et une nouvelle discipline, le Basket 3×3. « Nous estimons une baisse de 10 % de la fréquentation cette année, confie Hervé André-Benoit à 20 Minutes. Moins de fréquentation, mais un événement plus qualitatif, grâce à l’amélioration de l’expérience des festivaliers : nouvelles activités et aires sportives, accessibilité, développement durable, sécurité, confort… Nous sommes persuadés que notre public répondra présent. »

NOTRE DOSSIER SPORTS EXTRÊMES

Par ailleurs, poursuit le créateur de l’événement, « les festivaliers qui ne souhaitent pas acheter le pass cette année pourront toujours assister à des compétitions et des shows gratuitement sur la place Georges-Frêche, poursuit le créateur du Fise. Notre mission de démocratiser les sports urbains au plus grand nombre reste inchangée ». Et puis, le public fan de sports extrêmes est « déjà habitué à payer pour assister à des shows et spectacles de l’envergure du Fise, puisque le prix moyen pour participer à un festival aujourd’hui, en France ou à l’étranger, est de plus de 150 euros pour trois jours. » Le Fise, poursuit Hervé André-Benoît, « c’est un pass de 10 euros pour cinq jours de festivités ».


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